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“Un hiver à Yanji” d’Anthony Chen : trois cœurs attendent le dégel

Un hiver à Yanji [ou “Hiver brûlant”, son titre en chinois] est le premier film d’Anthony Chen à avoir connu une diffusion à grande échelle dans les cinémas de Chine. En 2013, le jeune réalisateur singapourien [né en 1984] avait fait une entrée fracassante sur la scène cinématographique avec son premier long-métrage, Ilo Ilo, qui lui avait valu de remporter la Caméra d’or à Cannes – et de devenir le nouveau réalisateur asiatique le plus suivi. Il a pourtant fallu attendre six ans pour qu’il sorte tranquillement son deuxième long-métrage, Wet Season, pour lequel il a remporté trois prix au Festival international du film de Pingyao [en Chine du Nord].

Les précédentes œuvres d’Anthony Chen ont souvent été saluées par les critiques pour leur justesse, leur délicatesse et leur exhaustivité. Or, derrière l’idée de justesse, pour ne parler que d’elle, on peut voir une volonté de contrôle et de planification… Et, en effet, Anthony Chen admet volontiers qu’il “a envie de tout contrôler” lorsqu’il tourne ses films. Et que son appartenance au signe du Bélier, sourit-il, le pousse sans doute à tout vouloir planifier. Mais pour le tournage d’Un hiver à Yanji, il parle d’“aventure”.

Le thème de l’étranger

“Pendant l’épidémie de Covid, j’ai connu une sorte de crise existentielle, une crise d’inspiration”, explique le réalisateur. Sa voix est calme, posée, lorsqu’il parle, sans détour, des idées et des concepts qui sous-tendent ses films. Lors de la promotion de son deuxième film, Wet Season, poursuit-il, il a participé à beaucoup de campagnes de promotion en ligne [Covid oblige] : “Quand les gens ont vu ma tête en visio, ils ont été surpris. En particulier, ceux qui avaient vu Ilo Ilo et Wet Season et qui ne me connaissaient pas. Beaucoup ont été étonnés de découvrir un réalisateur si jeune, car ces films donnent l’impression d’avoir été tournés par quelqu’un d’une certaine maturité, d’un certain âge. On m’a notamment demandé si j’avais déjà pensé à faire un film sur un sujet un peu plus ‘jeune’, quelque chose qui permettrait de ‘se détendre’…”

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