Hidalgo étrille Mélenchon, LFI et la Nupes

Hidalgo (ici le 3 avril 2022) étrille Mélenchon, LFI et La Nupes
THOMAS COEX / AFP Hidalgo (ici le 3 avril 2022) étrille Mélenchon, LFI et La Nupes

POLITIQUE - Un à un. Anne Hidalgo se confie dans un entretien avec les lecteurs du Parisien, publié ce samedi 14 janvier et étrille une partie de la gauche, à commencer par La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. La maire de Paris qualifie notamment l’attitude du leader insoumis de « honte absolue » dans l’affaire du député Adrien Quatennens, condamné pour violences conjugales.

« Entendre quelqu’un qui se veut le leader de la gauche nous expliquer que c’est un sujet privé et qu’il faut laisser son copain tranquille, c’est trente ans de féminisme sur lesquels on s’assoit », fustige l’édile dans cette interview, ajoutant qu’elle ne « veut plus d’un système patriarcal avec la violence que cela représente ».

En septembre, alors qu’Adrien Quatennens avait avoué avoir giflé son épouse et annoncé son retrait de la coordination de LFI, Jean-Luc Mélenchon l’avait publiquement soutenu sur Twitter. Depuis, le député du Nord a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et suspendu jusqu’en avril de son groupe à l’Assemblée nationale.

LFI, une formation « qui n’est pas démocratique »

Il a fait son retour mercredi 11 janvier au Palais Bourbon en tant que non-inscrit, suscitant la controverse jusque dans les rangs des Insoumis, où certains appellent à son exclusion définitive. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, largement critiqué à plusieurs étapes de cette affaire, a estimé jeudi que le parlementaire, « un ami très cher », avait eu raison de revenir, précisant toutefois qu’il allait devoir « regagner ses galons ».

Anne Hidalgo, elle, va plus loin dans ses critiques à l’égard de la formation mélenchoniste. « Je ne pourrais jamais remettre mon destin de femme politique et même de citoyenne entre les mains de quelqu’un dont le parti n’est pas démocratique », assène-t-elle encore. Une référence aux doutes que traverse La France insoumise, après l’éviction de plusieurs poids lourds de la direction : « Il faut voir comment fonctionne LFI : ce sont ses opposants internes qui en parlent le mieux. »

Dans ces conditions, la maire de Paris, qui a obtenu 1,7 % des voix à la présidentielle de 2022, remet en doute la stratégie d’union de la gauche, avec la France insoumise comme force centrale, « car c’est une impasse. » « On n’arrivera jamais à gagner à nouveau dans le pays si on se range derrière cette pensée-là et cette méthode-là », continue celle qui soutient Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, candidat à la tête du PS, face au premier secrétaire sortant, pro-Nupes, Olivier Faure.

Car, pour Anne Hidalgo, « il est hors de question de (se) sentir représentée par quelqu’un qui dit des policiers, encore récemment, que ce sont des factieux. Et à qui il a fallu arracher qu’en Ukraine, c’est Poutine l’agresseur. » « Ce n’est juste pas possible », ajoute-t-elle, dans une allusion claire, bien qu’un brin caricaturale, aux positions de Jean-Luc Mélenchon.

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