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La hausse des prix de l’électricité annoncée par Bruno Le Maire étrillée par les oppositions

Bruno Le Maire photographiée à Matignon le 18 janvier (illustration)
JULIEN DE ROSA / AFP Bruno Le Maire photographiée à Matignon le 18 janvier (illustration)

POLITIQUE - Il n’y a pas que les prix de l’électricité qui flambent. La colère des oppositions est également montée d’un cran après l’annonce de Bruno Le Maire. Le ministre de l’Économie a en effet annoncé, dimanche 21 janvier, une hausse de 9,8 % des prix de l’électricité au mois de février, comme ceci était pressenti.

« Une décision nécessaire pour garantir notre capacité d’investissement dans de nouvelles capacités de production électrique et pour sortir du quoi qu’il en coûte », a justifié le locataire de Bercy, expliquant que le bouclier tarifaire mis en place en réaction au déclenchement de la guerre en Ukraine avait vocation à disparaître pour ne pas peser plus longtemps sur les comptes publics.

« Pure folie »

Sans surprise, et alors que la question est toujours aussi centrale dans le débat public, les oppositions étrillent cette nouvelle augmentation qui va affecter tous les ménages. « Voilà donc “l’audace” de ce “nouveau” gouvernement : l’acharnement contre le pouvoir d’achat du plus grand nombre pour continuer à servir les plus riches. Nous demandons le gel des factures ! », a réagi sur le réseau social X, le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel.

Toujours à gauche, l’eurodéputée insoumise Manon Aubry a dénoncé « une pure folie qui va toucher les ménages les plus pauvres et les PME », et ce, « pour satisfaire la soif d’économies de la Commission européenne qui demande à la France de supprimer les aides ». Même indignation exprimée côté socialiste, où le premier secrétaire du PS Olivier Faure fait un lien entre la volonté du gouvernement d’assainir les dépenses publiques et son refus de taxer les superprofits. « Ce gouvernement ne protège pas les Français », déplore-t-il.

« Le prix de l’électricité a déjà connu une augmentation record de 31 % l’an dernier. Alors que les prix de gros baissent enfin, le gouvernement en profite pour rétablir une taxe plutôt que de laisser les Français respirer. Ce choix de l’asphyxie fiscale est désastreux pour le pays », regrette, pour Les Républicains, François-Xavier Bellamy.

L’annonce fait également bondir le Rassemblement national. « Cette décision est une honte. Rien n’obligeait le gouvernement à rétablir une taxe inepte alors que les Français ont vu leur facture d’électricité exploser à cause des règles européennes absurdes. Emmanuel Macron avait promis une baisse d’impôts, voilà une hausse de 4 milliards », a réagi Marine Le Pen, tandis que le député RN Jean-Philippe Tanguy, en charge des questions énergétiques au sein du parti lepéniste, a accusé sur LCI le gouvernement de « mentir » sur le sujet.

Une nouvelle hausse attendue dans un an

Alors qu’en est-il ? Dès 2022, Bruno Le Maire avait annoncé que l’objectif du gouvernement était de « contenir » la hausse des prix de l’énergie, et qu’il n’y aurait pas de rattrapages pour compenser les pertes enregistrées par les fournisseurs d’électricité en raison des limitations du prix de l’énergie décidées par l’exécutif. En outre, c’est bien la part payée par l’État qui se réduit, et qui aboutit à une augmentation de 10 %. Bruno Le Maire avait annoncé au printemps 2023 que le bouclier tarifaire serait maintenu jusqu’en 2025, mais qu’il serait réduit par étapes.

L’annonce de ce dimanche correspond donc à l’érosion annoncée de ce mécanisme, avant une nouvelle phase attendue en début d’année prochaine. Il n’en reste pas moins que ce phénomène anticipé produit bien un effet de hausses successives s’abattant sur le portefeuille des Français. Auprès de franceinfo, Jean-Yves Mano, président de l’association CLCV (Consommation logement et cadre de vie), s’est insurgé contre ce qui va frapper une population déjà excédée par l’inflation.

« Tout ceci est insupportable pour beaucoup de Français qui n’ont pas la capacité financière de supporter ces charges complémentaires » , déplore-t-il, plaidant pour un report de cette décision, laquelle intervient en période hivernale, au moment où de nombreux ménages se chauffent à l’électrique. « Trop c’est trop », alerte-t-il, rappelant que « 34 % des [Français] sont encore en situation de privation » .

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