Harry : ces Afghans souhaitent que le prince soit « traduit en justice »

LONDON, ENGLAND - SEPTEMBER 19: Prince Harry, Duke of Sussex during the State Funeral of Queen Elizabeth II at Westminster Abbey on September 19, 2022 in London, England. Elizabeth Alexandra Mary Windsor was born in Bruton Street, Mayfair, London on 21 April 1926. She married Prince Philip in 1947 and ascended the throne of the United Kingdom and Commonwealth on 6 February 1952 after the death of her Father, King George VI. Queen Elizabeth II died at Balmoral Castle in Scotland on September 8, 2022, and is succeeded by her eldest son, King Charles III. (Photo by Karwai Tang/WireImage)
Karwai Tang / WireImage LONDON, ENGLAND - SEPTEMBER 19: Prince Harry, Duke of Sussex during the State Funeral of Queen Elizabeth II at Westminster Abbey on September 19, 2022 in London, England. Elizabeth Alexandra Mary Windsor was born in Bruton Street, Mayfair, London on 21 April 1926. She married Prince Philip in 1947 and ascended the throne of the United Kingdom and Commonwealth on 6 February 1952 after the death of her Father, King George VI. Queen Elizabeth II died at Balmoral Castle in Scotland on September 8, 2022, and is succeeded by her eldest son, King Charles III. (Photo by Karwai Tang/WireImage)

FAMILLE ROYALE - Des Afghans ont appelé le prince Harry à faire face à des poursuites pour la mort des personnes qu’il a admis avoir tuées alors qu’il combattait dans le pays pour l’armée britannique.

Dans une interview de Sky News datant de ce lundi 9 janvier, une figure locale, le mollah Abdullah, réclame justice. Dans une frappe aérienne qui aurait été menée par les forces britanniques en 2011, sa maison a été touchée, tuant neuf de ses proches pendant qu’il était au marché. Aujourd’hui, il souhaite que le prince Harry soit jugé. « Nous demandons à la communauté internationale de juger cette personne et nous devrions obtenir une compensation pour nos pertes. », réclame-t-il.

Dans son livre, Spare, le prince explique avoir tué 25 talibans lorsqu’il était en mission en Afghanistan. « Mon nombre est de 25. Ce n’est pas un nombre qui me remplit de satisfaction, mais je n’en ai pas honte non plus », écrit-il dans son livre dont la version espagnole a été mise en vente quelques heures jeudi avant d’être retirée.

Il raconte avoir considéré ces personnes comme des « pièces d’échecs » retirées de la partie, ainsi que le prévoyait son entraînement, car il est impossible de tuer une cible « si on la considère comme une personne ».

« C’était des êtres humains »

Le 6 janvier, un haut responsable taliban s’en est également pris au prince Harry. « M. Harry ! Ceux que vous avez tués n’étaient pas des pièces d’échecs, c’était des êtres humains » qui avaient des familles, a déclaré vendredi Anas Haqqani, un haut responsable taliban, accusant le prince de « crimes de guerre ».

« Mais la vérité, c’est ce que vous dites : notre peuple innocent était comme des pièces d’échecs pour vos soldats et pour vos dirigeants militaires et politiques », a-t-il ajouté. « Mais, malgré tout, vous avez perdu à ce “jeu” ».

Le porte-parole du gouvernement afghan Bilal Karimi a également émis des critiques à ce sujet. « Ces crimes ne se limitent pas à Harry, mais chaque puissance occupante a commis de tels crimes dans notre pays », a-t-il écrit sur Twitter. « Les Afghans n’oublieront jamais les crimes des occupants », a-t-il poursuivi.

Un « impact » sur les relations entre le Royaume-Uni et l’Afghanistan

« Non seulement nous demandons qu’il soit poursuivi en justice par une cour internationale, mais nous demandons aussi que la communauté internationale le punisse le plus rapidement possible », explique à Sky News Hameedullah Hameedi, une autre figure locale.

Il ajoute : « Cela va définitivement avoir un impact sur les relations entre le Royaume-Uni et l’Afghanistan, parce que les gens ont conscience qu’un officier britannique appartenant à la famille royale - le prince Harry - a tué 25 martyrs afghans et a commis ces crimes. »

« Si Harry se considère comme un membre du monde civilisé, c’est honteux de sa part de dire qu’il a tué 25 personnes. Et c’est encore plus honteux de l’entendre en parler avec fierté, comme un analphabète d’un pays pauvre avec aucun savoir et aucune éducation. », conclut Hameedullah Hameedi.

Deux ans en Afghanistan

Harry a servi 10 ans dans l’armée britannique, terminant sa carrière en tant que capitaine. Il a été envoyé deux fois en Afghanistan, la première en 2007 et 2008, une période pendant laquelle il était chargé de coordonner des attaques aériennes, puis à nouveau en 2012 et 2013 en tant que pilote d’hélicoptère de combat.

Des caméras montées à l’avant de l’hélicoptère permettaient de juger de la réussite des missions et également de déterminer précisément combien de personnes il avait tuées.

Il a défendu ses actions par les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, estimant que les ennemis qu’il combattait en Afghanistan avaient commis un crime contre l’humanité.

« Vous devez vous taire ! »

Son récit a aussi été critiqué au Royaume-Uni. « On vous aime Prince Harry, mais vous devez vous taire ! », a tweeté Ben McBean, un ancien des Royal Marines qui a perdu un bras et une jambe en Afghanistan en 2008 et que le duc de Sussex décrit dans son livre comme un « véritable héros ».

« Harry s’est maintenant retourné contre son autre famille, les militaires », a dit le colonel de réserve Tim Collins, qui a pris part à la guerre en Irak, au site internet de l’armée britannique. « Ce n’est pas comme ça que nous nous comportons dans l’armée, ce n’est pas ce que nous pensons », a-t-il affirmé au sujet du récit du prince sur les combattants qu’il avait tués.

Il a jugé que le livre était « une tragique escroquerie pour faire de l’argent ». Ce n’est pas la première fois que le prince Harry suscite la controverse à propos de sa participation aux opérations en Afghanistan. En 2013, il avait relevé que tuer des combattants rebelles s’apparentait à un jeu vidéo pour un pilote d’hélicoptère.

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