Le haro des talibans sur l’opium provoque une flambée des prix de la drogue en Afghanistan

PHOTO SAYED KHODAIBERDI SADAT/ Anadolu Agency via AFP

Héroïne, opium, méthamphétamine. L’Afghanistan demeure une place forte du trafic de drogue dans le monde. Mais le Financial Times rapporte une augmentation conséquente des prix dans ce pays d’Asie centrale : +50 % pour l’opium depuis avril 2022, date de l’annonce de l’interdiction de la culture du pavot et du commerce de l’opium par le régime. “Les prix ont flambé depuis que les talibans ont officiellement interdit son commerce, après vingt ans d’insurrection au cours desquelles le groupe a tiré profit de la contrebande de drogue”, écrit le quotidien britannique.

La société Alcis, basée à Londres et spécialisée dans l’analyse de données satellitaires, a publié le 31 octobre un rapport faisant état de la fermeture de nombreux laboratoires de méthamphétamine et de lieux de vente et de la destruction de plusieurs plantations de pavot. Ces premières applications de la politique promue par le régime font craindre aux acteurs du trafic d’autres actions répressives. Ces derniers anticipent une pénurie, ce qui expliquerait cette augmentation des prix.

La surface cultivée augmente

“Mais à quelques jours de la nouvelle saison de plantation du pavot à opium, il est difficile de savoir dans quelle mesure les chefs talibans locaux ont l’intention, ou même sont capables, de faire respecter l’interdiction affectant l’opiacé le plus consommé dans le pays.” Le titre explique en effet que la guerre contre la drogue menée par les talibans est une entreprise des plus périlleuses. Le pays est confronté à une crise humanitaire majeure qui pourrait s’aggraver si la population venait à être privée des revenus de la drogue.

De nombreux agriculteurs locaux dépendent du commerce du pavot. Les autorités leur ont laissé un délai de grâce de deux mois afin qu’ils adaptent leur production et trouvent des alternatives. Mais l’augmentation actuelle des prix n’est pas de nature à inciter les cultivateurs à détruire leurs plants de pavot. Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en 2022, la surface affectée à sa culture a même augmenté de 32 % en un an.

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