Harcèlement scolaire : que faire lorsque mon enfant en est victime ?

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Environ un enfant sur 10 est victime de harcèlement scolaire.

Depuis le 1er janvier 2021, pas moins de 19 enfants se sont suicidés en France. En cette Journée internationale contre le harcèlement scolaire, Yahoo vous propose de découvrir les démarches à suivre si votre enfant en est victime. 

Ce jeudi 18 novembre, c'est la Journée internationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Avec le Mexique et le Maroc, la France est à l'initiative de la création de cette journée qui se déroule pour la 2e année consécutive et a pour but de sensibiliser la communauté éducative aux phénomènes de harcèlement dans le milieu scolaire qui sont de plus en plus fréquents. Déjà 19 enfants se sont suicidés depuis le 1er janvier 2021, des drames qui viennent rappeler que n'importe quel élève peut être concerné par ce fléau. 

L'un des derniers drames en date est le suicide de Dinah, 14 ans, au début du mois d'octobre. La collégienne, qui avait déjà tenté de se suicider au mois de mars dernier, s'est pendue dans sa chambre du fait de son orientation sexuelle après deux années de harcèlement. Comme pour n'importe quel problème face auquel un enfant en confronté, le rôle des parents et de l'école est primordial pour le résoudre, tout particulièrement dans le cas du harcèlement scolaire. 

Un phénomène qui touche surtout les collégiens

Si le phénomène phénomène touche les enfants de la maternelle jusqu'à la terminale, les collégiens sont les plus concernés. "C'est l'âge de la transformation où on passe de l'enfant à l'adolescent, voire au jeune adulte, et du coup les enfants se cherchent. Et quand les enfants se cherchent, ils ne sont pas forcément à l'aise et c'est une raison pour mettre mal à l'aise les autres afin de se protéger soi-même", explique Nathalie Colosimo, assistante d'éducation au collège Amédée Dunois de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).

Elle estime par ailleurs que 70% du harcèlement est du cyber-harcèlement et se fait donc sur les réseaux sociaux. En 5 ans passés dans son établissement, l'assistante d'éducation a observé une forte augmentation du harcèlement dans le milieu scolaire, qui toucherait un enfant sur 10. 

Ne pas régler le problème soi-même

Le rôle des parents est très complexe lorsque leur enfant est confronté au harcèlement parce que ces derniers ne leur parlent pas car "ils ont souvent honte et veulent donner à leur parent une image d'enfant normal", explique celle qui a fait son RAEP d'admissibilité au concours de CPE sur le harcèlement scolaire. "Quand on les maltraite, ils ont honte d'eux et ce n'est pas à leurs parents qu'ils vont en parler, d'où notre rôle très important de voir ce qu'il se passe."

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Les parents peuvent être alertés d'une telle situation même si leur enfant ne leur en parle pas. S'il mange moins, il sourit moins, il ne veut plus aller au foot ou à l'école, c'est qu'il y a un problème à l'école. La chose à ne pas faire est de vouloir régler le problème soi-même. "Il faut leur dire qu'ils ne doivent surtout pas aller voir le harceleur ou les parents du harceleur, parce que c'est eux qu'on va condamner. C'est ce que beaucoup de parents font, ce qui peut d'ailleurs paraître logique, mais ça peut très mal tourner et il faut éviter cela."

Faire un "partenariat" école-parents

Dans une telle situation, les parents doivent se rapprocher de l'école et "faire un partenariat", conseille Nathalie Colosimo. "On leur dit d'aller porter plainte quand il y a des actes comme des attouchements. Sinon, on dit d'abord aux enfants d'en parler à ses parents s'ils en sont capables. S'ils n'y arrivent pas, on convoque les parents avec l'élève, on amène la discussion sur le sujet et on est médiateurs pour que l'élève arrive à dire à ses parents ce qu'il se passe". C'est là que débute le partenariat, en plus d'accompagner l'élève, l'établissement accompagne les parents notamment grâce à une assistante sociale, une psychologue éducation nationale ainsi que l'équipe éducative. "Il y a également d'autres structures comme le CMPP (Centre médico-psycho-pédagogique) ou la maison de l'adolescent qui prend en charge le harcèlement et les tentatives de suicide."

Si le cyber-harcèlement représente la majorité des cas de harcèlement, il n'est pas forcément utile d'essayer d'agir au niveau des réseaux sociaux, insiste l'assistante d'éducation : "On ne peut pas interdire les réseaux sociaux à son enfant pour l'épargner de tout cela parce qu'après il va être stigmatisé s'il n'a pas le même accès que les autres". 

Quid du changement d'école ?

Quant à un éventuel changement d'école, il peut être recommandé dans des situations extrêmes mais cela n'épargnera pas forcément l'élève de subir des harcèlement, notamment à cause des réseaux sociaux ou de la fébrilité de l'élève. "Si l'enfant harcelé est à l'école avec ses harceleurs depuis la maternelle ça peut valoir le coup de changer d'école et d'essayer un nouveau groupe".

Dans le cas où le dossier n'est pas correctement traité par l'établissement, la situation est très difficile à gérer pour l'enfant et les parents, "c'est pourquoi il ne faut pas hésiter à porter plainte contre l'établissement", ajoute Nathalie Colosimo. "Avant ce n'était pas possible mais maintenant ça l'est parce que le harcèlement est devenu la priorité numéro 1 du gouvernement".

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