Harcèlement scolaire: quels signes doivent alerter?

Un enfant victime de harcèlement scolaire peut avoir des problèmes de sommeil, des notes qui baissent ou être hypervigilant. - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP
Un enfant victime de harcèlement scolaire peut avoir des problèmes de sommeil, des notes qui baissent ou être hypervigilant. - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Ce drame aurait-il pu être évité? C'est la question à laquelle l'enquête ouverte pour harcèlement sur mineur de moins de 15 ans devra répondre, après le suicide samedi du jeune Lucas, 13 ans, dans les Vosges.

Les proches de Lucas, scolarisé au collège Louis-Armand de Golbey, ont dénoncé dans leurs auditions "des faits de harcèlement commis par des élèves de son collège, en raison de son homosexualité, depuis plusieurs mois", a déclaré jeudi le procureur de la République d'Épinal, Frédéric Nahon, dans un communiqué.

Lucas avait dévoilé à sa mère ce qu'il subissait à l'école, mais parfois, les enfants n'osent pas parler. Comment détecter les signes qu'un enfant subit du harcèlement?

Baisse des notes, problèmes de sommeil...

Il existe de nombreux signaux qui peuvent alerter s'ils sont cumulés, comme le détaille une grille mise en ligne par le ministère de l'Intérieur. Un enfant peut notamment être victime de harcèlement scolaire si:

  • Il n'a pas envie d'aller à l'école

  • Ses notes ont baissé

  • Il mange seul

  • Il a du mal à s'endormir, il se réveille, fait des cauchemars

  • Il a mal à la tête et/ou au ventre

  • Il a du mal à faire ses devoirs quand il rentre à la maison

  • Il a peur d'être seul dans la rue

L'association de lutte contre le harcèlement "Marion la main tendue" ajoute quelques symptômes, parmi lesquels: des émotions négatives persistantes (peur, horreur, colère, culpabilité, honte), une tendance à se blâmer, une diminution de l’intérêt pour les activités, une hypervigilance et des sursauts.

Un enfant peut aussi subir du harcèlement s'il perd des amis brutalement ou évite les réunions entre amis, ou qu'il en a peu, à l'école comme en dehors, selon l'Unicef. L'agence de l'ONU dédiée à la condition des enfants explique qu'il faut aussi être attentif à un enfant qui "perd ou abîme ses vêtements, ses appareils électroniques ou ses objets personnels", "demande souvent de l'argent" et "est régulièrement bouleversé après avoir passé du temps en ligne ou sur son téléphone (sans explication valable)".

Enfin, s'il "fait preuve d’une discrétion inhabituelle, notamment concernant ses activités en ligne", cela peut aussi être un signal d'alerte.

De lourdes conséquences

Selon le ministère de l'Éducation nationale, les conséquences du harcèlement à l'école peuvent aussi être des signes. Sur son site, il mentionne les phénomènes suivants:

  • Décrochage scolaire voire déscolarisation

  • Désocialisation, anxiété, dépression

  • Conduites autodestructrices, voire suicidaires

Si un enfant dévoile être victime de harcèlement, le ministère de l'Éducation nationale recommande d'en parler directement à la direction de l'établissement concerné. Il conseille aussi de garder les preuves éventuelles du harcèlement subi.

"Ne tentez pas de gérer vous-même le problème, ni de contacter l’auteur des faits: cela pourrait aggraver la situation", souligne toutefois le ministère.

Le harcèlement scolaire est puni par la loi. Les peines encourues dépendent de la gravité des conséquences du harcèlement sur la personne touchée et peuvent aller jusqu'à 5 ans de prison et 7500 euros d'amende pour un auteur mineur.

Article original publié sur BFMTV.com