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Hanouka à l’Élysée : « Comment une loupiote pourrait-elle menacer la République ? »

Hanouka, ou fête des Lumières, célèbre pour les juifs la victoire de la révolte des Maccabées contre l’empire helléniste d’Antiochus, dit Épiphane.  - Credit:Leemage via AFP
Hanouka, ou fête des Lumières, célèbre pour les juifs la victoire de la révolte des Maccabées contre l’empire helléniste d’Antiochus, dit Épiphane. - Credit:Leemage via AFP

Le 7 décembre, à l'issue de la réception à l'Élysée des membres de la Conférence européenne des rabbins, le grand rabbin de France Haïm Korsia a allumé une bougie pour marquer le début de la fête juive de Hanouka, en présence du président de la République. Le grand rabbin a ensuite demandé au chef de l'État l'autorisation d'entonner Maoz Tsour, le chant de Hanouka, ce qu'il a pu faire accompagné de l'assistance. La scène, captée par une vidéo du rabbin Mendel Samama et abondamment partagé sur les réseaux sociaux, a suscité une très forte polémique, d'autant qu'elle s'est déroulée dans le salon d'honneur de l'Élysée, et à la veille de l'anniversaire de la loi de séparation de l'Église et de l'État.

Emmanuel Macron a-t-il enfreint la laïcité ? Ce geste, a souligné le président, s'est déroulé « dans un esprit qui est celui de la République et de la concorde », en rappelant que la laïcité ne consistait pas en l'éviction des religions du débat public. Nous avons demandé à Jean-François Colosimo, historien des religions (il est l'auteur, entre autres ouvrages, de La Religion française – Mille ans de laïcité, Poche Lexio), directeur des éditions du Cerf et fin connaisseur des relations entre le sacré et la République, de nous éclairer – c'est le cas de le dire – sur cette affaire, en la replaçant dans une perspective plus large. Ses réponses à nos questions sont vives et décapantes. Une prise de position enlevée et… iconoclaste.

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