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Handball: malgré sa saison galère, le gardien des Bleus Vincent Gérard vise toujours les JO 2024

De retour avec l'équipe de France de handball pour le trophée des continents (remporté par les Bleus ce samedi face à l'Egypte, 39-31), Vincent Gérard était invité dans l'Intégrale Sport de RMC. Le gardien international français est revenu sur son début de saison compliqué, entre opération d'une pubalgie et changement de club, mais aussi sur son objectif de disputer les Jeux olympiques de Paris 2024.

"Il y a eu des moments un peu difficiles"

Opéré le 15 septembre 2023 d'une pubalgie, Vincent Gérard n'a pas rejoué avant début 2024. Cette semaine, il faisait partie des Bleus convoqués pour le trophée des continents par Guillaume Gille, une réelle satisfaction pour le portier qui évolue désormais à Istres. "J’ai vécu une première partie de saison plutôt compliquée sportivement et physiquement avec mon opération d’une pubalgie qui traînait depuis trop longtemps et que je n’arrivais plus à gérer. Je suis très heureux d’avoir à nouveau goûté à l’hymne national, au terrain, d’avoir pu reporter ce maillot et de revivre les sensations de jouer à domicile devant le public français."

Médaillé d'or aux Jeux olympiques 2021 avec l'équipe de France, le gardien n'avait jamais connu une telle situation. "C’était ma première grosse blessure, ma première opération donc on est un peu dans l’inconnu. J’ai été très bien suivi et aidé notamment par le staff de l’équipe de France."

"Ça a été un peu plus compliqué avec mon club qui m’a laissé me soigner en France et qui après m’a indiqué que je ne jouerai pas peu importe mon niveau de jeu."

"C’est vrai qu’il y a eu des moments un peu difficiles, ce n’est pas facile de ne pas pouvoir pratiquer son métier, son sport, et d’être au quotidien dans l’attente de réponses positives de son corps", a admis Vincent Gérard.

Meilleur gardien du Championnat du monde 2017, de l'Euro 2018 et des JO 2020, le portier d'Istres n'avait plus l'habitude d'être absent du groupe des Bleus mais il n'était pas frustré pour autant. "Déjà, on sait la difficulté de ce que peut être une compétition, on connaît les efforts qu’il faut faire et ce sont des gens avec qui j’ai vécu beaucoup de choses. J’étais avant tout très très heureux de leur victoire. J’étais content de pouvoir les voir et les féliciter de visu parce que j’en avais eu certains au téléphone mais c’est vrai que de visu c’est toujours mieux pour pouvoir leur partager l’émotion que j’ai aussi pu avoir, qu’ils ont pu me procurer moi derrière mon écran", reconnaît le Français. "C’est sûr que ce ne sont pas des moments qui sont forcément faciles parce que c’est la première compétition que je rate depuis 2015 je pense et on a envie d’être sur le terrain mais néanmoins on reste les premiers supporters et il faut savoir aussi être heureux pour les gens qu’on aime et pour les coéquipiers qui se sont dépouillés tout le mois de janvier."

"Istres, c'est un club avec qui on a une forte histoire commune"

S'il a retrouvé l'équipe de France pour le trophée des continents, Vincent Gérard sait que le chemin est encore très long pour faire partie du groupe qui sera emmené par Guillaume Gille aux Jeux olympiques.

Le gardien français veut cependant mettre toutes les chances de son côté pour participer à la compétition. Barré du côté de Kiel (D1 allemande) qui ne voulait plus le faire jouer, Vincent Gérard a retrouvé la France six mois après l'avoir quitté (arrivé en Allemagne à l'été 2023), rejoignant Istres, en deuxième division. Un choix qui était loin d'être une évidence. "Il y a eu plusieurs facteurs. C’est vrai que la concurrence n’étant pas assurée à Kiel et le fait que je n’aurais pas joué peu importe ce que j’aurais montré à l’entraînement, c’était complètement bloqué. Dans la perspective de jouer les Jeux olympiques, c’était tout simplement impensable. Ensuite, le problème est que dans le handball la date des transferts se fait jusqu’au 15 février et il fallait trouver un club avant cette date-là. Bien sûr, on a cherché en Ligue des champions et le fait est qu’aucun gardien ne s’est blessé alors c’est très bien, ça veut dire que tout le monde s’est bien soigné et qu’il n’y a pas eu de problèmes mais moi je me retrouvais un peu comme ça le bec dans l’eau."

"Istres, c’est un club avec qui on a une forte histoire commune. C’est le premier club qui m’a fait confiance en tant que gardien numéro 1 à l’époque, en 2008, première fois où j’étais gardien numéro 1 en 1re division."

En retrouvant la Provence, Vincent Gérard a retrouvé des têtes qu'il connaissait mais qui sont désormais hors du terrain. "On a remporté une Coupe de la Ligue à Miami quand la Ligue organisait des évènements à l’extérieur et donc les joueurs de l’époque sont devenus maintenant des dirigeants dans les clubs. Ils m’ont proposé de m’accueillir et de tout mettre en œuvre pour me mettre dans les bonnes conditions pour pouvoir atteindre mon objectif de disputer les Jeux olympiques. C’est vrai que je les remercie encore parce qu’ils ont fait des efforts, j’en ai fait aussi, tout le monde en a fait. Je vois qu’aujourd’hui ils ont envie que je réussisse et ils ont envie que je retrouve l’équipe de France, ce qui a été fait la semaine dernière. Ils ont aussi envie que je fasse les Jeux olympiques. Ils sont à mon écoute et moi ça me permet vraiment de gagner du temps de jeu, faire des rencontres qui sont chaque semaine à couteaux tirés. Ça me permet aussi d’avoir une régularité dans la performance qui est intéressante donc ce n’était pas forcément une évidence mais ça s’avère vraiment être la meilleure solution."

"J’essaie vraiment d’être dans l’instant présent et de reprogresser étape par étape"

Guillaume Gille, sélectionneur de l'équipe de France avait déclaré sur Vincent Gérard : "Il part de très loin, mais on parle de Vincent Gérard pas d’un inconnu ou d’un petit jeune." Conscient qu'il faudra se montrer jusqu'en fin de saison, le gardien d'Istres sait que son expérience peut jouer dans le choix du sélectionneur. "On connaît la complexité que peut être une compétition comme les Jeux olympiques, c’est totalement différent, c’est un autre univers et c’est sûr que l’expérience est nécessaire pour jouer les Jeux. Après, il y a aussi la réalité du terrain, il faut pouvoir performer, montrer qu’on peut apporter à l’équipe. J’espère pouvoir cocher ces deux critères et puis on verra. Moi, je ne calcule pas, je ne tire pas de plans sur la comète, j’essaie vraiment d’être dans l’instant présent et de reprogresser étape par étape, de reprendre de la confiance et de l’expérience. Les quatre premiers matchs avec Istres ont été une première étape, cette semaine avec les Bleus et les deux rencontres qui se sont plutôt bien passées pour moi en est une seconde puis je continue dans cette voie-là en travaillant avec Istres et le staff de l’équipe de France, pour pouvoir être au top en mai-juin."

Article original publié sur RMC Sport