Halloween: de "Carrie" à "Shining", ces films d’horreur qui ont inspiré les créateurs de mode

Nawal Bonnefoy
·6 min de lecture
Les Oiseaux, Dracula, La fiancée de Frankenstein, Carrie au bal du diable - Universal Pictures, Columbia Pictures, Redbank Films
Les Oiseaux, Dracula, La fiancée de Frankenstein, Carrie au bal du diable - Universal Pictures, Columbia Pictures, Redbank Films

Monstres défigurés, cris strident qui résonnent dans la nuit, tueurs en série masqués, créatures sanguinaires, apparitions flippantes... Il a beau regorger de personnages terrifiants et mettre en scène nos pires cauchemars, le film d'horreur est sans aucun doute le genre cinématographique préféré des créateurs de mode.

Certains y trouvent de l'inspiration pour leur collection, piochant ici et là des éléments subtils que l'on retrouvera dans un accessoire, une silhouette, ou sur la coiffure d'un mannequin. D'autres imaginent des looks qui rendent hommage à des œuvres d'épouvante cultes, et font défiler des Carrie, Hannibal Lecter et autres Dracula sur le podium.

Alors qu'arrive Halloween, retour en images sur huit films d'horreur qui ont eu un impact sur la mode.

Le silence des agneaux de Jonathan Demme (1991)

Anthony Hopkins y incarne Hannibal Lecter, un psychiatre et serial killer avec un goût prononcé pour le cannibalisme. Un personnage qui a inspiré le créateur britannique Gareth Pugh. Il a reproduit le masque utilisé pour le museler, et l'a associé à une bouche lie-de-vin lors de son défilé automne-hiver 2016. Chez Giambattista Valli, le papillon de nuit qui apparaît sur les lèvres de Jodie Foster sur l'affiche du film est posé sur la bouche d'une mannequin lors du défilé automne-hiver 2012.

Shining de Stanley Kubrick (1980)

Une maison isolée et hantée, un enfant à la coupe au bol qui murmure "Redrum" un couteau dans les mains, et un Jack Nicholson déchaîné, bien décidé à exterminer sa femme et leur fils. Le film culte signé Kubrick a notamment inspiré Prada pour sa collection automne-hiver 2016 (un pull orné d'une fusée, comme celui porté par le petit Danny Torrance), le créateur japonais Jun Takahashi pour sa marque Undercover en 2018 (avec des jumelles habillées de robes bleu pastel à col claudine et ruban à la taille) ou encore la griffe The Blonds, qui a transposé en 2013 le visage de Jack sur une mannequin - remplaçant au passage les pans de porte défoncée à la hache par un manteau en fourrure.

Rosemary’s Baby, de Roman Polanski (1968)

Un immeuble inquiétant, des voisins pas si bien intentionnés que ça, et une jeune femme violée par le Diable. Rien, sur le papier, ne semble crier "fashion" et pourtant, les tenues délicieusement sixties de Mia Farrow, entre dentelle et robes baby-doll, ont conquis le coeur des designers. Il n'y a qu'à voir le défilé printemps-été 2018 de Calvin Klein, dont une mannequin à la coupe pixie a arpenté le podium en robe longue bleu layette façon robe de grossesse, des bottes rouge sang aux pieds. Ou encore cette robe ornée d'un moment clé du film, présentée par les étudiantes Renata Lindroos et Mina Fadaieen lors d'un défilé de l'Academy of Art University de San Francisco. Pour son défilé printemps-été 2019, Prada a dégainé une armée de sosies de Rosemary, habillées de tenues de style années 1960.

Carrie au bal du diable de Brian De Palma (1976)

Moquée par ses camarades, contrôlée par une mère dévote et toxique, la timide Carrie découvre qu'elle possède des pouvoirs de télékinésie. La scène culte du film, lorsque l'adolescente, élue reine du bal de promo, reçoit un seau de sang de porc sur la tête, se retrouve avec subtilité dans certaines créations. Comme chez Rodarte en 2008, dont la robe de cocktail vaporeuse mêle blanc pur et rouge sang. Ou encore Calvin Klein en 2018, avec une mannequin coiffée comme Carrie White, habillée d'une robe de soirée dont les longues franges écarlates rappellent le sang qui dégouline le long du corps de la jeune femme.

Les Oiseaux d'Alfred Hitchcock (1963)

A l'origine de nombreux cas d'ornithophobie, Les Oiseaux met en scène Tippi Hedren face à des nuées de piafs agressifs. Classique du film d'épouvante, le long-métrage a notamment inspiré Alexander McQueen à deux reprises, en 2001 avec une robe composée d'une jupe en plumes et mise en scène avec des oiseaux empaillés tentant d'en arracher les bretelles, puis en 2005 avec un tailleur semblable à celui porté par la star du film, associé à un collier de perles et une coiffure similaire. La maison Rochas y a puisé son inspiration en 2015, et présenté un manteau couvert d'ombres d'oiseaux. John Galliano en a utilisé l'esthétique pour le lookbook de sa pré-collection d'automne 2012, mettant en scène une mannequin à la beauté hitchcockienne, sur le point de se faire attaquer par des volatiles.

La saga Hellraiser (1987 - 2018)

Difficile d'imaginer qu'une créature démoniaque à la tête piquée de clous, adepte de sadomasochisme et de torture sadique, puisse avoir sa place dans la sphère fashion. Et pourtant, la saga Hellraiser se retrouve dans plusieurs collections de créateurs. La marque haute gamme de streetwear Supreme lui a carrément dédié une ligne entière en 2018, proposant sweats, vestes, manteaux, t-shirts et shorts ornés du terrifiant "Pinhead". Les défilés automne-hiver 2012 de Thom Browne, et automne-hiver 2006 du japonais Junya Watanabe, ont mis en scène des mannequins à la tête dissimulée sous des cagoules couvertes de piques.

La fiancée de Frankenstein de James Whale (1935)

Deux savants fous créent une compagne pour le monstre de Frankenstein, sans penser aux conséquences. Effrayante, mais pourtant glamour, la fameuse "fiancée de Frankenstein", son charme suranné des années 1930 et son chignon bouffant zébré de blanc est devenue une véritable muse.

La maison française Chanel a par exemple coiffé la mariée de son défilé Haute Couture 2010 comme l'héroïne du film. Et Dior, la même année, a mis en scène une robe blanche portée par un mannequin dont la mise en beauté reproduisait celle de l'actrice Elsa Lanchester. Thom Browne a proposé en 2014 plusieurs silhouettes inspirées de la créature, des pieds à la tête en passant par les longs gants blancs.

Chez Prada, le couple de monstres ornait le t-shirt manches longues d'une jeune femme coiffée comme Mercredi Addams, lors du défilé automne-hiver 2019. Pour sa collection printemps-été 2013, Christopher Kane a glissé un top en Jersey à l'effigie du monstre de Frankeinstein - offrant un curieux contraste avec une jupe blanche en tulle et crochet.

Dracula de Francis Ford Coppola (1992)

Terrifiant mais intrigant, le vampire est peut-être le monstre au plus grand potentiel mode - et le comte Dracula une égérie de choix pour les marques. Si plusieurs films lui sont consacrés, c'est sans aucun doute la version de Francis Ford Coppola, dont les incroyables costumes ont été imaginés par la créatrice japonaise Eiko Ishioka, qui a eu le plus grand impact sur la mode.

Le créateur qui lui a le plus rendu hommage est très certainement Alexander McQueen: lors de son défilé automne-hiver 2009, avec une silhouette de femme en dentelle blanche rappelant Lucy Westenra, mais aussi un look d'homme en noir, coiffé d'un haut-de-forme, les yeux bordés de rouge et une canne à la main. L'année d'avant, il s'était inspiré du costume japonisant de Dracula dans sa forme de vampire, et avait imaginé une cape bouffante rouge sang. Pour sa collection automne 2009, John Galliano avait quant à lui présenté des tenues inspirées du folklore d'Europe de l'Est, dont certains, avec leurs longs voiles et leurs bijoux imposants, rappelaient les tenues des maîtresses de Dracula.

Article original publié sur BFMTV.com