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« En Haïti, les gangs réunis sont plus puissants que les autorités publiques »

Alors qu'Haïti est menacé de guerre civile, Arnold Antonin reste dans son pays auquel il a consacré son œuvre de cinéaste et documentariste.  - Credit:
Alors qu'Haïti est menacé de guerre civile, Arnold Antonin reste dans son pays auquel il a consacré son œuvre de cinéaste et documentariste. - Credit:

Arnold Antonin est un cinéaste haïtien dont l'œuvre, outre les fictions, a documenté l'histoire et le présent intellectuel et artistique de son île ; un travail colossal, irremplaçable, que le réalisateur poursuit contre vents et marées, bien que sa femme ait été kidnappée, et heureusement libérée sauve, ils se sont quelques mois trouvés hors du pays mais sont revenus. Et Antonin a repris son travail et achevé un nouveau film, Anténor Firmin : entre l'épée et la plume ou de l'égalité des races humaines.

Ce jeudi 7 mars, il était attendu avec le comédien de son nouveau film dans le nord de l'île, à Cap-Haïtien, dans la ville natale d'Anténor Firmin,(1850-1911) dont il retrace le parcours. Mais l'aéroport, a-t-il appris, a été fermé. Même le Premier ministre ne peut plus rentrer en Haïti. Depuis que les gangs ont réussi à libérer les prisonniers de deux établissements pénitentiaires en exigeant la démission d'Ariel Henry, Haïti vit une nouvelle étape de violence et de chaos. Joint au téléphone, Arnold Antonin, dont le film sera présenté en avant-première au cinéma Lincoln le 4 avril prochain à Paris, raconte ce qu'il vit.

Le Point : Dans quelle zone se trouve votre domicile, comment se passe le quotidien ?

Arnold Antonin : Je suis sur les hauteurs de Port-au-Prince, dans la zone de Thomassin, qui avait été dominée par un chef de gang, Ti Makak, mais il a été démantelé. Les membres du gang ont été liquidés, comme cela se fait ici, des exécutions extrajudiciaires [...] Lire la suite