Guinée : Conakry sous haute tension

Par Agnès Faivre, envoyée spéciale à Conakry (Guinée)
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Des femmes courent en se protégeant comme elles peuvent alors que des violences ont émaillé toute la matinée de ce mercredi 21 octobre à Conakry.
Des femmes courent en se protégeant comme elles peuvent alors que des violences ont émaillé toute la matinée de ce mercredi 21 octobre à Conakry.

Une épaisse fumée noire s'élève vers le ciel au niveau du rond-point de Sonfonia, à 25 kilomètres au nord du centre de Conakry. « Ça passe pas », indiquent des motards et automobilistes qui s'aventurent encore dans cette direction. Les chauffeurs s'exécutent d'autant plus prestement que résonnent soudainement des coups de feu à proximité. En début d'après-midi, plusieurs morts sont annoncées, dans des affrontements entre groupes de jeunes et Forces de défense et de sécurité (FDS). Parmi eux, Boubacar Baldé, coordinateur à Sonfonia Gare du Front national de défense de la Constitution (FNDC), mouvement créé en avril 2019 pour s'opposer à un 3e mandat du président sortant Alpha Condé. Il a été « tué par balle » par les FDS, a confirmé le mouvement.

Située sur la route Le Prince qui traverse la capitale guinéenne, Sonfonia fait partie des banlieues dites proches de l'opposition. Dès 8 heures ce mercredi matin, des groupes de jeunes ont paralysé la circulation avec des barrages de pneus qu'ils ont incendiés. Même chose à Cosa, Bembeto, et d'autres quartiers situés le long de cette voie rapide également baptisée « l'axe ». Ces incidents surviennent au lendemain de la publication par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de résultats provisoires de la présidentielle du 18 octobre dans quatre circonscriptions sur 38.

Il s'agit de trois communes de Conakry (Kaloum, Matoto, Matam) et de la ville de Boffa, à 150 kilomètres au nord de Conakry. Le présid [...] Lire la suite