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Guillaume Kasbarian nommé ministre du Logement, « une provocation » et « une honte » pour ses détracteurs

Guillaume Kasbarian s’est fait connaître par sa loi « anti-squat », qui avait déclenché les foudres de la gauche et des associations contre le mal logement.

POLITIQUE - « Une véritable provocation ». Alors que la composition complète du gouvernement, qui compte désormais 35 membres, a été annoncée ce jeudi 8 février au soir par l’Élysée, les réactions sont déjà vives en ce qui concerne un visage en particulier : Guillaume Kasbarian. Membre « du fan-club » d’Emmanuel Macron et libéral revendiqué, ce dernier a été nommé au poste de ministre délégué au Logement.

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Son nom avait déjà circulé en coulisses parmi les « ministrables » lors du remaniement de juillet 2023. Mais l’arrivée du député de 36 ans au gouvernement sept mois plus tard fait tout de même polémique. Ce choix se situe entre « le mépris ou l’inconscience », estime sur France info Pascal Brice, président de la fédération des acteurs de la solidarité, qui tient à rappeler que « ce monsieur a proposé et défendu mordicus que des hommes et des femmes qui ne peuvent plus payer leurs loyers fassent des peines de prison ».

« C’est honteux », renchérit sur X (ex-Twitter) la députée écologiste Sandrine Rousseau, en colère de voir Kasbarian s’installer au gouvernement « après avoir ponctionné les financements des logements sociaux et poussé pour une pénalisation des personnes mal logées ». À son tour, Rachel Keke, députée LFI, dénonce l’arrivée de Kasbarian, « du nom de la loi anti-squat qui condamne pour 3 ans de prison un sans-abri occupant un local vide ».

Loi anti-squat, avantages fiscaux Airbnb…

En 2023, Guillaume Kasbarian avait en effet largement échauffé les esprits de la gauche avec sa proposition de loi « anti-squat ». Le texte, qui triple les sanctions encourues par les squatteurs - jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende - avait été adopté mi-juin par le Parlement, et lui avait valu une première exposition médiatique lorsque les associations dénonçaient une « criminalisation de tous les mal-logés ».

La loi « anti-squat » adoptée par le Parlement aura « des conséquences humaines dramatiques »

Au sein de la majorité, Guillaume Kasbarian a aussi plus récemment fait partie des députés qui ont plaidé pour rogner les avantages fiscaux des locations de courte durée du type « Airbnb ». Avec le logement, un secteur en crise, il hérite d’un des dossiers chauds des prochains mois, souvent qualifié de « bombe sociale ».

Le mettre au Logement « serait une grave erreur, le DAL (l’association Droit au logement, NDLR) ne peut pas le supporter », glissait récemment l’un de ses collègues députés. Mais « sur le terrain, des gens l’arrêtaient dans la rue pour le féliciter » pour sa loi, assure un collaborateur du député, qui martèle ses convictions libérales, sur le plan économique « et aussi sociétal ». Tout comme son aversion « aux taxes en tous genres ».

Guillaume Kasbarian aime à rappeler que c’est le discours « ni de droite, ni de gauche » et la personnalité du chef de l’État, qui l’ont attiré vers la politique. « Macron, je suis toujours membre du fan-club, et s’il n’en reste qu’un à la fin, ce sera moi », lançait-il en souriant devant des journalistes l’été dernier.

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