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Guerre en Ukraine : la télévision russe évoque les retombées d'une potentielle défaite de son armée

Le plkateau de l'émission
Le plkateau de l'émission

À plusieurs reprises, les intervenants du programme phare de la télévision publique ont appelé les responsables militaires à éviter une humiliation et, en filigrane, à utiliser la stratégie de la terre brûlée.

Tantôt vindicative, tantôt menaçante, tantôt résignée. Depuis le début de ce qu'elle nomme encore et toujours "opération militaire spéciale" en Ukraine, la chaîne de télévision Rossiya-1 vit au rythme des avancées et reculs de l'armée russe.

Dès le début du conflit, le présentateur vedette Vladimir Soloviev, animateur du sobrement nommé programme quotidien "Soirée avec Vladimir Soloviev", s'est transformé en propagandiste en chef du Kremlin, alternant intimidations directes envers l'Occident et menaces d'utilisation d'armes nucléaires. Le tout accompagné par des invités tout aussi va-t-en guerre que lui.

Défaite "inimaginable" et crainte de La Haye

Ces dernières semaines, alors que l'armée russe multiplie les défaites et recule de plus en plus sur le territoire ukrainien, l'émission perd en superbe. Ce lundi, le programme évoquait la possibilité de la défaite russe, hypothèse "inimaginable" pour Margarita Simonian, rédactrice en chef du média RT, invitée du jour.

"Qu’un autre quartier de Kiev soit privé d’électricité ne changera pas l’ampleur de la catastrophe qui s’abattra sur notre pays si nous perdons, c’est inimaginable, nous ne pouvons pas perdre", commence-t-elle.

Dans la suite de son propos, cette même Margarita Simonian tance certains dirigeants militaires qui, selon elle, auraient peur des conséquences en cas de victoire ukrainienne, notamment judiciaires, comme pour les pousser à refuser cette défaite. "Vous devriez plutôt avoir peur de perdre, d’être humilié, d’avoir peur de perdre votre peuple", tacle-t-elle.

"Aux personnes qui ont peur de La Haye (siège de la Cour pénale internationale qui a pour mission d'entre autres juger crimes de guerre et crimes contre l'humanité, ndlr), laissez-moi vous dire que si nous parvenons à perdre, La Haye ira traquer jusqu’au balayeur de pavé dans une rue derrière le Kremlin", averti-t-elle.

S'en suit alors un échange édifiant avec Soloviev, où celui-ci estime que "si nous perdons, La Haye ne sera pas la question, le monde entier sera réduit en cendres."

"Ballon d'essai" et menaces

Sur notre antenne, Patrick Sauce, consultant politique internationale de BFMTV, analyse cette séquence comme une nouvelle mise en garde à peine voilée :

"Sur les plateaux russes, on n’envisage pas de défaite sans une politique de la terre brûlée. Perdre la guerre serait perdre la face et il n’y aurait qu’une évolution, c’est appuyer sur le bouton rouge, tout faire sauter, tout réduire en cendres."

Cependant, celui-ci rappelle qu'à plusieurs reprises, ce programme télévisé a été utilisé comme "ballon d'essai" à l'intention des Occidentaux. "Nous commentons ces extraits, ça fait peur, puis il y a le commentaire du Kremlin qui vient dire l'inverse", analyse-t-il encore.

À plusieurs reprises Soloviev et ses comparses avaient en effet appelé à utiliser les armes nucléaires à disposition du Kremlin, allant même jusqu'à identifier les capitales européennes à cibler. En réponse, les autorités russes se sont au contraire toujours bornées à répéter que ces armes n'allaient pas être employées.

Article original publié sur BFMTV.com

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