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Guerre en Ukraine: la Russie frappe massivement les infrastructures énergétiques, Zaporijia au bord du black-out

Moscou poursuit son offensive. Au moins cinq personnes sont mortes en Ukraine après que la Russie a lancé quelque 90 missiles et 60 drones explosifs contre les infrastructures énergétiques du pays lors d'une attaque massive dans la nuit de ce jeudi 21 au vendredi 22 mars.

"Il y a eu plus de 60 Shahed (un type de drone explosif, ndlr) et presque 90 missiles de différents types", a énuméré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux, présentant ses "condoléances aux familles de ceux qui ont été tués par cette terreur".

Selon le président ukrainien, les attaques ont visé "des centrales électriques, des lignes de haute tension, un barrage hydroélectrique sur le Dniepr, des résidences et même un trolleybus". Selon l'opérateur ukrainien Energoatom, des coupures d'électricité ont été constatées dans au moins sept régions et des "dizaines" d'installations ont été endommagés.

La plus grande centrale hydroélectrique d'Ukraine, située sur le fleuve Dniepr, a été touchée vendredi par huit missiles russes qui ont infligé des "dégâts très importants" sans provoquer de danger immédiat pour la population, a indiqué le parquet ukrainien. "Huit missiles ont touché" la centrale de DniproHES située dans la ville de Zaporijjia (sud) et provoqué sa mise hors service, a indiqué à la télévision Ioury Belooussov, un responsable du parquet général, tout en assurant qu'il n'y avait pas de risque de rupture du barrage.

Le gouverneur de la région de Kharkiv (nord-est), Oleg Syniegoubov, a lui évoqué "700.000 consommateurs sans électricité", mais sans dire s'il s'agissait de foyers ou d'individus affectés. Une des deux lignes électriques alimentant la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par Moscou, a été coupée par un bombardement, a annoncé en outre vendredi le ministre ukrainien de l'Energie, Guerman Galouchtchenko.

Lenteur de l'assistance occidentale

"Cette situation est extrêmement dangereuse et menace de déclencher une situation d'urgence, car dans l'éventualité d'une déconnexion de cette dernière ligne de communication avec le réseau électrique national, la centrale nucléaire de Zaporijjia sera au bord d'un nouveau black-out", a averti Energoatom. Le ministre de l'Energie a jugé que le bombardement nocturne du pays était "la plus grande attaque contre l'industrie énergétique ukrainienne de ces derniers temps".

Le président ukrainien a lui indiqué que la Russie avait visé Kharkiv et sa région, ainsi que les régions de Zaporijjia, Soumy (nord), Poltava et Dnipro (centre), Odessa (sud), Khmelnytsky, Vinnytsia et Frankivsk (ouest). L'armée de l'air ukrainienne a précisé que la défense anti-aérienne a pu abattre 55 Shahed sur 63 et 37 missiles sur 88.

Volodymyr Zelensky s'est dès lors une nouvelle fois agacé des lenteurs de l'assistance occidentale, alors que l'aide américaine est bloquée depuis des mois à cause de rivalités politiques entre républicains et démocrates et que celle de l'UE a pris un important retard.

"Les missiles russes n'ont pas de retard, à l'inverse des paquets d'aide à notre pays. Les Shahed ne sont pas indécis, contrairement à certains politiciens", a-t-il ironisé.

"Pour le moment, il y a deux morts et au moins huit blessés à Khmelnytsky" région de l'ouest, a indiqué de son côté le ministère de l'Intérieur, "il y a également six blessés à Zaporijjia (sud, ndlr). Trois personnes sont mortes dans la ville de Zaporijjia, selon l'administration régionale.

Vengeance

La Russie avait déjà lancé jeudi à l'aube une attaque massive contre Kiev, la première depuis début février, mais l'Ukraine avait dit avoir abattu la trentaine de missiles. Vladimir Poutine avait promis précédemment qu'il allait se venger de la multiplication des attaques ukrainiennes ces dernières semaines qui touchent le territoire russe. A Moscou, le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, a admis: "nous nous trouvons en état de guerre" pour la première fois depuis que l'invasion de son voisin a été ordonnée il y a plus de deux ans.

Le Kremlin avait longtemps assuré aux Russes que la guerre n'affecterait pas leur quotidien ni le territoire du pays, mais avec la présidentielle russe de la mi-mars ces attaques se sont multipliées. Une personne a été tuée et plusieurs autres blessées vendredi matin dans une frappe sur la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, a indiqué le gouverneur local.

Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir détruit vendredi matin au-dessus de cette région huit roquettes tirées par le système de lance-roquettes Vampire en provenance de l'Ukraine.

Article original publié sur BFMTV.com