Guerre en Ukraine : qu'est-ce qu'un couloir humanitaire ?

Kiev a réagit en déclarant que les couloirs humanitaires vers la Biélorussie et la Russie ne sont pas "une option acceptable". (REUTERS)

L'armée russe a annoncé l'ouverture ce lundi 7 mars de plusieurs couloirs humanitaires en Ukraine ainsi que l'instauration de cessez-le-feu pour évacuer des civils de Kiev, Kharkiv, Marioupol et Soumy. De quoi s'agit-il exactement ?

Enfin un peu de répit pour certains civils ukrainiens ? Selon le ministère russe de la Défense, suite à une demande personnelle d'Emmanuel Macron, "les forces russes, dans un but humanitaire, déclarent un 'régime de silence' à partir de 10h00 le 7 mars et l'ouverture de couloirs humanitaires". Une information rapidement démentie par Paris qui affirme ne pas avoir demandé l'ouverture de couloirs humanitaires en Ukraine vers la Russie et la Biélorussie.

Les couloirs humanitaires sont des espaces établies dans des zones dévastées par la guerre pour permettre le passage d'une aide humanitaire, par exemple pour acheminer du matériel médical et des vivres vers les zones isolées par les combats. Ils permettent aux civils d'être évacués des zones de guerre où ils se trouvent parce qu'ils sont exposés à des risques, terrorisés, blessés, vulnérables ou se trouvent dans des bunkers depuis plusieurs jours et commencent à manquer de tout. Il s'agit d'une obligation découlant du droit humanitaire.

Moscou annonce un cessez-le-feu provisoire

Ces zones également appelées corridors humanitaires vont d'un point A à un point B, et les civils doivent très souvent parcourir plusieurs kilomètres dans ces couloirs situés dans des zones de guerre pour pouvoir être évacués. Les deux parties doivent s'engager à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des personnes durant ces évacuations. C'est pourquoi la Russie a annoncé un cessez-le-feu de plusieurs heures dans les villes de Kharkiv, Kiev, Marioupol et Soumy.

Comme l'affirme Frédéric Joli, porte-parole du Comité international de la Croix Rouge (CICR) interrogé par Marianne, "pour que des gens très vulnérables essaient de sortir et que des humanitaires qui n'ont pour protection que leur drapeau, leur identification et leur objectif, puissent se déplacer dans une sécurité relative, il faut une trêve".

Une mesure "très compliquée à mettre en œuvre"

Ce dernier rappelle qu'il y a eu "très peu de corridors réellement mis en œuvre dans l’histoire des conflits" et qu'il s'agit d'une mesure "très compliquée à mettre en œuvre." La situation actuelle entre l'Ukraine et la Russie semble confirmer ces propos car l'Ukraine a refusé ces couloirs humanitaires proposés par Moscou, a indiqué la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

Un premier couloir part de Kiev et va en direction de la ville biélorusse de Gomel. Deux autres partent de Marioupol et vont en direction de la Russie, à Rostov-sur-le-Don, et vers l'Ouest de l'Ukraine jusqu'à Zaporijia. Un autre couloir part de Kharkiv jusqu'à la ville russe de Belgorod et deux autres permettent aux civils de quitter Soumy pour aller vers Belgorod, en Russie, ou vers Poltava, en Ukraine.

"Ce n'est pas une option acceptable", a indiqué Iryna Verechtchouk. Selon elle, les civils appelés par les Russes à être évacués "n'iront pas en Biélorussie pour ensuite prendre l'avion et aller en Russie". En effet, 4 des 6 couloirs humanitaires proposés par la Russie permettent aux civils ukrainiens de rejoindre la Russie ou la Biélorussie, fidèle allié du pays de Vladimir Poutine.

Kiev a annoncé qu'un troisième round de pourparlers entre l'Ukraine et la Russie doit avoir lieu ce lundi après deux tentatives avortées d'évacuation de civils ukrainiens. Les deux pays s'accusent mutuellement de violer les conditions de l'évacuation.

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