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Guerre en Ukraine : les prisonniers russes ne sont plus graciés s’ils partent se battre

Des militaires ukrainiens sur le terrain d’entraînement, le 31 janvier 2024.
ROMAN PILIPEY / AFP Des militaires ukrainiens sur le terrain d’entraînement, le 31 janvier 2024.

INTERNATIONAL - Les règles ont changé en Russie. Au début de la guerre, les prisonniers pouvaient se porter volontaire pour se battre en Ukraine, en échange de quoi ils étaient graciés et pouvaient rentrer chez eux après six mois de service. Ce n’est plus le cas, a appris la BBC au cours d’une enquête publiée ce dimanche 4 février.

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La radio publique britannique a eu accès à une discussion sur la messagerie cryptée Telegram, dans laquelle un homme appelé Sergeï explique que les prisonniers russes qui veulent aller en Ukraine sont envoyés dans le groupe Storm V, actuellement sur la ligne de front entre Zaporijjia et Bakhmut.

« Avant vous pouviez le faire pendant six mois » puis être libérés, écrit Sergeï dans cette conversation dédiée aux anciens prisonniers désormais sur le champ de bataille. « Maintenant, vous devez tenir jusqu’à la fin de la guerre », ajoute-t-il. Ou jusqu’à la mort.

Se battre jusqu’à la fin de la guerre ou jusqu’à la mort

Comme le rappelle la BBC, le recrutement des prisonniers avait débuté sous les ordres de l’ancien patron de Wagner Evgueni Prigojine à l’été 2022. L’État a repris le flambeau début 2023, six mois avant la mort de Prigojine dans un crash d’avion.

Problème, les soldats russes voyaient les prisonniers revenir chez eux après six mois de service, comme il leur avait été promis, créant du mécontentement dans les rangs de l’armée et chez les familles des mobilisés. C’est pourquoi les règles ont changé.

Une femme, dont le mari en prison depuis 15 ans avait accepté de combattre, raconte ainsi au média britannique que le contrat signé par son époux est d’une durée d’un an. Et après ses 12 mois passés en Ukraine, il ne pourra pas rentrer à la maison : s’il n’est pas mort au combat, son contrat sera « automatiquement reconduit ». D’autres Russes interrogés par la BBC confirment ce changement.

Finalement, résume la radio, la seule manière pour un prisonnier-soldat d’être libre est d’obtenir une décoration militaire, d’être blessé, de dépasser l’âge limite pour être sur le terrain... ou que la guerre prenne fin. Mais après presque deux ans de conflit, la perspective d’un arrêt des combats paraît encore lointaine.

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