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Guerre en Ukraine : comment la Macronie défend les propos d’Emmanuel Macron sur l’envoi de troupes

Le président de la République avait suscité l’inquiétude en France et s’était retrouvé isolé sur la scène internationale en refusant d’exclure l’envoi de troupes dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie.

POLITIQUE - Soutien à l’Ukraine et au président de la République. En refusant d’exclure l’envoi de troupes en Ukraine, Emmanuel Macron s’est retrouvé isolé sur la scène internationale, la plupart des pays alliés prenant leurs distances. Le chef de l’État s’en est depuis expliqué et il peut compter sur ses troupes pour expliquer ses propos.

Guerre en Ukraine : comment Emmanuel Macron veut tirer profit du retour de ce débat politique

Invité de la matinale de BFMTV ce vendredi 8 mars, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a insisté sur « le contexte des dernières semaines » sur le plan international. « Nous ne sommes pas dans la même situation qu’il y a deux ans », fait-il valoir. C’est valable « sur le front en Ukraine où la contre-offensive n’a pas fonctionné comme elle aurait dû fonctionner », « à Moscou, on l’a bien vu avec l’assassinat de monsieur Navalny » ainsi qu’aux États-Unis où l’octroi de l’aide militaire est toujours bloqué par le Congrès et où la perspective d’une réélection de Donald Trump est prise très au sérieux.

L’eurodéputée Renew Nathalie Loiseau abonde sur Sud Radio : « Emmanuel Macron a raison de dire aux Français, en toute sincérité ce qu’il sait et que la situation est sérieuse. »

Les déclarations du chef de l’État le 26 février avaient provoqué l’incompréhension des alliés occidentaux. « L’Otan et les Alliés apportent une aide militaire sans précédent à l’Ukraine. (...) Mais il n’y a aucun projet de troupes de combat de l’Otan sur le terrain en Ukraine », avait par exemple déclaré un responsable de l’Alliance.

Une question de stratégie

Par la suite, l’Élysée a assuré qu’il n’était pas question d’envoyer des troupes combattantes, ce qu’a confirmé le ministre des Armées ce vendredi, en évoquant plutôt des missions de formations des soldats ukrainiens.

Emmanuel Macron était lui-même revenu sur ses propos en marge d’un déplacement à Prague quelques jours plus tard. « En réponse à une question qui m’était posée sur l’envoi des troupes, j’ai répondu que rien n’était exclu », a-t-il déclaré. Néanmoins, « j’ai toujours été clair sur le cadre qui était le nôtre, nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe et nous refusons d’entrer dans une logique d’escalade. »

Outre l’importance du contexte, le ministre des Armées a aussi insisté sur la dimension « stratégique » de ces propos qui visent à montrer les muscles et à « ne pas mettre en scène de la faiblesse vis-à-vis de Moscou » dans un contexte où l’allié américain semble incertain. « Poutine n’a pas de limite dans ses attaques, la France n’aura pas de limite dans son soutien à l’Ukraine, c’est très clair, le président de la République l’a dit », renchérit Sylvain Maillard, président des députés Renaissance sur CNews, dans le même état d’esprit.

« Si nous voulons préserver ce trésor de la paix que nous avons en Europe depuis 1945, il faut aider l’Ukraine à gagner et à se défendre. C’est ce que dit Emmanuel Macron », argumente aussi Nathalie Loiseau.

Le président de la République a reçu à l’Élysée jeudi 7 mars les chefs de partis représentés au Parlement pour discuter du conflit russo-ukrainien. Assumant pleinement sa sortie sur les troupes, il a déclaré que « face à un ennemi qui ne se met aucune limite, nous ne pouvons nous permettre d’en formuler ». De quoi inquiéter une nouvelle fois les oppositions.

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