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Guerre en Ukraine: Macron évoque un "besoin de sursaut" devant les chefs des oppositions, toujours inquiets

En amont du vote parlementaire de mardi prochain, Emmanuel Macron a accueilli ce jeudi 7 mars les responsables de parti pour évoquer le soutien de la France en Ukraine. Il leur a notamment présenté les résultats de la conférence internationale pour amplifier le soutien militaire à l'Ukraine organisée la semaine dernière à Paris.

Les oppositions qui avaient déjà unanimement dénoncé les propos "irresponsables" du président sur la possibilité d'envoyer des militaires sur le terrain ont écouté l'inquiétude exprimée du président de la République. Ce dernier a voulu savoir lors de cette réunion, jusqu'où les partis étaient capables d'aller dans leur soutien à l'Ukraine.

Cartes à l'appui du front ukrainien projetées sur des écrans, le chef de l'État a longuement insisté sur l'agression russe et les cyberattaques. Et a évoqué "un besoin de sursaut".

À l'unanimité, tous les chefs de partis ont trouvé le Président déterminé. "Il est très pessimiste. Il nous a dit que la situation allait se dégrader dans les prochains mois et il anticipe un probable désengagement des USA", rapporte une des têtes à BFMTV.

Pas de consensus

Interrogés à la sortie de cette réunion, Fabien Roussel et Jordan Bardella expliquent qu'Emmanuel Macron n'a posé "aucune limite" au soutien français à l'Ukraine. Les partis d'opposition et le chef de l'État n'ont pas trouvé de consensus sur les limites à poser.

"Notre sujet de divergences, c’est les moyens que nous y mettons", a déclaré le chef du PCF sur notre antenne.

Jordan Bardella a affirmé que son parti soutenait l'Ukraine, tout en veillant à ce que la France n'entre pas dans le conflit. Le chef du RN n'a pas hésité à qualifier le président de "va-t-en guerre".

"Je pense que la position française c'est de porter la voix de la paix, de l'équidistance [...] J'ai l'impression d'un président et d'un Premier ministre qui perdent leur sang-froid", a-t-il déclaré sur notre antenne.

"J'entends que Macron n'a pas de limites", déplore la secrétaire nationale d'EELV, Marine Tondelier.

"Je ressors avec plus d'inquiétudes encore", a réagi de son côté l'Insoumis Manuel Bompard qui aurait préféré que le président de la République ouvre plutôt la voie des "solutions diplomatiques".

"C'était une ambiance assez bizarre et lourde. Ce qu'il en ressort c'est que tout le monde est pour la paix et veut soutenir l’Ukraine... Mais personne ne s’accorde sur le comment", murmure-t-on en off.

"On peut se demander l'utilité de cette réunion"

Chez les LR, pas question non plus de devenir des "co-belligérants" explique Éric Ciotti. Le chef des Républicains soupçonne ensuite Emmanuel Macron d’"instrumentaliser" l'aide à l'Ukraine à des fins de campagne européenne. "C’est inacceptable [...] On peut se demander l’utilité de cette réunion", s'interroge-t-il à sa sortie.

Le président a passé une grande partie du temps "à parler de son parti", a également remarqué Manuel Bompard.

Et Gaza?

À l'instar de Marine Tondelier et Manuel Bompard, Olivier Faure a également abordé la question de Gaza. Il ne faut pas "laisser deux poids deux mesures" s'installer, a alerté le chef des socialistes.

"Je regrette que le Président de la République reste dans une forme de déclaration sans effet", a également fait remarquer l'Insoumis qui demande au chef de l'État de sanctionner les actions des autorités israéliennes.

La veille de cette rencontre, Emmanuel Macron qui avait promis de se rendre en Ukraine avant mi-mars, s'est entretenu à l'Élysée avec ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy. La stratégie française fera l'objet d'un débat, suivi d'un vote, au Parlement, mardi 12 mars à l'Assemblée nationale, puis mercredi au Sénat.

Article original publié sur BFMTV.com