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Guerre en Ukraine: l'UE menace la Biélorussie de nouvelles sanctions si elle accueille des armes nucléaires russes

Le chef de la politique étrangère de l'Union européenne Josep Borrell à Strasbourg, le 5 octobre 2022. - FREDERICK FLORIN / AFP
Le chef de la politique étrangère de l'Union européenne Josep Borrell à Strasbourg, le 5 octobre 2022. - FREDERICK FLORIN / AFP

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a averti ce dimanche que l'UE était "prête" à adopter de nouvelles sanctions contre la Biélorussie si ce pays déployait des armes nucléaires russes sur son territoire.

"L'accueil par la Biélorussie d'armes nucléaires russes constituerait une escalade irresponsable et une menace pour la sécurité européenne. La Biélorussie peut encore arrêter cela, c'est son choix. L'UE se tient prête à réagir par de nouvelles sanctions", a déclaré Josep Borrell sur Twitter.

Une "rhétorique nucléaire dangereuse et irresponsable"

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé ce samedi que Moscou allait déployer des armes nucléaires "tactiques" sur le territoire de son allié, la Biélorussie, un pays situé aux portes de l'Union européenne.

"La rhétorique nucléaire de la Russie est dangereuse et irresponsable", a estimé l'Otan ce dimanche.

"L'Otan est vigilante et nous suivons de près la situation", a déclaré la porte-parole de l'Alliance, Oana Lungescu. "Nous n'avons constaté aucun changement dans le dispositif nucléaire de la Russie qui nous amènerait à ajuster le nôtre", a-t-elle souligné.

La France condamne l'intention russe

De son côté, la France a condamné l'intention du président russe Vladimir Poutine de déployer des armes nucléaires "tactiques" sur le territoire de son allié biélorusse, appelant Moscou à faire preuve de "responsabilité" et à revenir sur sa décision selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

"Après la violation du traité FNI (traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, ndlr) par la Russie, qui a mené à sa disparition, et l'annonce de la suspension par la Russie de sa participation au traité New Start en février dernier, cet accord représente un élément supplémentaire d'érosion de l'architecture internationale de la maîtrise des armements et de la stabilité stratégique en Europe", souligne la porte-parole du Quai d'Orsay.

Paris appelle la Russie à "faire preuve de la responsabilité attendue d'un Etat doté de l'arme nucléaire et à revenir sur cet accord déstabilisant", conclut-elle.

Des sanctions contre le régime biélorusse

Des responsables russes ont émis à plusieurs reprises des menaces à peine voilées de se servir de l'arme nucléaire en Ukraine en cas d'escalade significative du conflit. Dirigé depuis 1994 par Alexandre Loukachenko, la Biélorussie est frontalier de l'Ukraine, de la Pologne et de la Lituanie.

L'UE avait annoncé fin février la prolongation d'un an de ses sanctions contre la Biélorussie en raison de la répression menée par le régime d'Alexandre Loukachenko et de son soutien à la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Le président Alexandre Loukachenko et 194 autres personnalités proches du régime ont été interdits de séjour dans l'UE et leurs avoirs ont été gelés. En outre, 34 entités ont été sanctionnées et tout financement européen leur est interdit.

La Biélorussie est également soumis à des sanctions économiques ciblées, notamment des restrictions dans le secteur financier, le commerce, les biens à double usage, les télécommunications, l'énergie, les transports.

Article original publié sur BFMTV.com