Guerre en Ukraine : l’armée américaine est peu optimiste sur la durée du conflit

Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin et Mark Milley, chef d’état-major américain, à l’issue de la réunion de Ramstein, du nom de cette base américaine située en Allemagne.
ANDRE PAIN / AFP Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin et Mark Milley, chef d’état-major américain, à l’issue de la réunion de Ramstein, du nom de cette base américaine située en Allemagne.

GUERRE EN UKRAINE - De nouvelles aides loin des espérances de Kiev. Il sera « très difficile » de déloger d’ici la fin de l’année l’armée russe du territoire ukrainien, a affirmé ce vendredi 20 janvier le chef d’état-major américain Mark Milley, lors d’une conférence de presse sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne.

« D’un point de vue militaire, je maintiens encore qu’il sera très difficile d’expulser les forces russes de toutes les zones d’Ukraine occupées[...] Cela ne veut pas dire que cela ne peut pas arriver. Mais cela sera très très difficile », a déclaré le général, à l’issue de cette réunion cruciale des pays alliés sur le soutien militaire à Kiev mais qui n’a abouti sur aucune décision concernant l’envoi de chars lourds pour l’Ukraine, en raison des hésitations de l’Allemagne.

Mais le général ajoute qu’il est tout à fait possible « pour les Ukrainiens de mener une offensive significative (...) afin de libérer le plus possible de territoires », mais « cela dépendra des livraisons d’équipements, et des entraînements ». Il faut dire que les renseignements américains s’attendent à une contre-offensive des troupes ukrainiennes au printemps, comme l’a fait savoir à la presse le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin, soulignant l’importance pour les alliés d’aider Kiev à s’y préparer.

Pour la livraison de matériels, « nous avons une fenêtre d’opportunité entre maintenant et le printemps… Dès qu’ils commencent leur opération, leur contre-offensive », a-t-il annoncé. « Ce n’est pas une longue période et nous devons réunir les bonnes capacités », a précisé Loyd Austin.

En attendant le feu vert de Berlin, les divers paquets d’aides militaires supplémentaires promis récemment par plusieurs pays offrent aux forces ukrainiennes « la capacité dont elles ont besoin pour remporter des succès » sur le terrain, a quand même souligné le chef du Pentagone.

Une demande toujours aussi pressante de Kiev

De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zekensky a encore une fois exhorté ce vendredi les Occidentaux à accélérer leurs livraisons d’armes lourdes, notamment de chars. En revanche, cette réunion d’importance pour Kiev n’a abouti sur aucune décision concrète au sujet de l’envoi prochain de chars Leopoard de fabrication allemande, réclamés avec insistance par l’Ukraine.

Ceux qui soutiennent l’Ukraine préviennent déjà depuis des mois que l’un des plus grands risques pour le pays est qu’une « fatigue » s’installe dans les capitales occidentales, près d’un an après l’invasion russe : si l’intérêt ou la sympathie pour le pays s’atténuent, ou si l’inflation des prix de l’alimentation et de l’énergie conduit les dirigeants occidentaux à se concentrer davantage sur leurs problèmes nationaux.

La question « a été discutée » mais « aucune décision n’a été prise », a déclaré Boris Pistorius, le nouveau ministre allemand de la Défense, malgré les grandes attentes autour de ce rendez-vous. En effet, la frilosité de certains pays à l’idée de provoquer Moscou avec des livraisons d’armes lourdes, comme les chars, explique le temps que prennent certains alliés de Kiev pour acter leur décision.

« Oui, nous devrons encore nous battre pour la fourniture de chars modernes, mais chaque jour, nous rendons plus évident le fait qu’il n’y a pas d’autre solution que la prise d’une décision concernant les chars », a réagi Volodymyr Zelensky dans son discours du soir par vidéo. « Nos partenaires ont une attitude de principe, ils soutiendront l’Ukraine autant que nécessaire pour notre victoire », a-t-il ajouté.

Ce vendredi lors de la réunion de Ramstein, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark ont toutefois annoncé de nouvelles livraisons substantielles d’armes pour l’Ukraine. Volodymyr Zelensky a cité « plusieurs centaines de véhicules de combats ajoutés à l’arsenal » ukrainien, des « résultats significatifs concernant les roquettes et systèmes antiaériens ». La Finlande a quant à elle annoncé une aide militaire de 400 millions d’euros à l’Ukraine, sa plus large contribution à ce jour, qui comprend de l’artillerie et des munitions.

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