Guerre en Ukraine: le Kremlin dément une nouvelle mobilisation militaire

Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, en décembre 2020 - NATALIA KOLESNIKOVA / AFP
Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, en décembre 2020 - NATALIA KOLESNIKOVA / AFP

La Russie s'apprête-t-elle à procéder à une nouvelle mobilisation pour pallier ses difficultés sur le front, et éponger ses pertes humaines? Renseignements et exécutif ukrainiens en sont persuadés, évoquant même ouvertement ce péril ces derniers jours. Le Kremlin a cependant affirmé ce lundi qu'il n'en était rien et qu'une telle opération de recrutement n'était pas à l'ordre du jour.

Comme l'a signalé ici la chaîne américaine CNN, c'est le porte-parole de la présidence russe qui s'est chargé d'infirmer ce qu'il a dénoncé comme des rumeurs erronées, lors d'un point-presse en visioconférence.

"Je m'appuie sur les autorités dirigées par le président de la Fédération de Russie", a glissé Dmitri Peskov, après avoir rejeté une nouvelle mobilisation.

"On ne devrait pas prêter tant d'attention à ce qui se dit sur les boucles Telegram", a-t-il ajouté.

Les Ukrainiens craignent l'arrivée de 500.000 Russes supplémentaires

Si le porte-parole a donc fustigé des bruits nés selon lui sur la plateforme numérique Telegram, la menace d'une nouvelle mobilisation a surtout été pointée par l'administration ukrainienne au cours des derniers jours. Comme nous le mentionnions il y a une semaine, le ministre de la Défense ukrainien, Oleksii Reznikov, s'en est fait l'écho dans un message vidéo, dès le 31 décembre dernier.

Ses dires ont été corroborés samedi auprès du site américain Politico par les services de renseignement de son pays qui ont fixé le début de cette conscription supplémentaire au 15 janvier prochain, chiffrant son objectif à l'enrôlement de 500.000 combattants.

L'échec de la première mobilisation

Vladimir Poutine avait surpris et outré la communauté internationale en annonçant dans une allocution le 21 septembre dernier une première "mobilisation partielle" des réservistes russes à destination de la guerre en Ukraine. Décision qui avait été interprétée à la fois comme un durcissement du conflit mais aussi comme l'aveu des difficultés de l'envahisseur sur le terrain.

Rien n'est venu clore officiellement cette campagne, mais dans les derniers jours d'octobre, le ministre de la Défense russe, Sergueï Choigou avait cependant assuré que cette vague de mobilisation avait atteint son terme, ayant rempli, selon lui, son but de placer 300.000 Russes de plus sous les drapeaux.

Cette politique de recrutement, qui a élargi la guerre à une plus grande part de la société russe, a connu des résultats pour le moins mitigés. Elle n'a, à l'évidence, pas sorti l'armée de l'ornière où elle s'est engagée elle-même, et elle est mal vue de l'opinion. Ainsi, l'allocution de Vladimir Poutine avait provoqué un exode de nombreux Russes en-dehors de leurs frontières, et des bureaux de recrutement avaient été la cible de troubles.

Article original publié sur BFMTV.com