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Guerre en Ukraine : François Ruffin s’explique sur son vote contre l’accord de sécurité avec Kiev

Francois Ruffin, le 22 février 2024, lors d’une manifestation devant l’hôpital de Caen.
LOU BENOIST / AFP Francois Ruffin, le 22 février 2024, lors d’une manifestation devant l’hôpital de Caen.

POLITIQUE - Il y a eu « mensonge par omission ». C’est ainsi, en substance, que le député de la Somme François Ruffin justifie son opposition à l’accord de soutien bilatéral à l’Ukraine. A l’issue du débat organisé à l’Assemblée nationale le 12 mars, il a en effet voté contre comme tout le groupe La France insoumise.

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Dans un entretien au Monde ce samedi 16 mars, il estime que Gabriel Attal a manqué d’honnêteté lors de son discours devant les députés pour les convaincre d’appuyer (à titre symbolique) la politique de soutien à l’Ukraine engagée par Emmanuel Macron. La raison : le Premier ministre n’a pas assez insisté sur le rôle de l’Otan dans l’accord avec notamment la question d’une adhésion de l’Ukraine qui y est « très appuyée ».

Pour rappel, le chef du gouvernement a bien mentionné l’alliance mais il n'a en effet pas été question de son élargissement. Or François Ruffin fait partie des critiques de l’Otan qui « n’a pas été ’un facteur de stabilité’ dans le monde au cours des deux dernières décennies », fait-il valoir. Défavorable à son élargissement, le député plaide plutôt pour développer une défense européenne conçue autour d’une souveraineté sur l’industrie de guerre.

Ruffin dénonce « les zigzags » de Macron face à Poutine

« Il faut armer l’Ukraine, lui donner la priorité dans nos livraisons, et relever notre production », estime l’élu picard qui réclame un soutien suffisant pour rétablir le rapport de force et ainsi « ramener Vladimir Poutine à la table des négociations ».

Au palais Bourbon le 12 mars, Gabriel Attal avait fustigé le vote « contre » annoncé de la France insoumise. « Voter contre, c’est donner à Vladimir Poutine tous les arguments et un signal qu’il espère et qu’il attend. Voter contre, c’est affirmer que les règles internationales peuvent être bafouées sans conséquences ou réponses claires de notre partVoter contre, c’est signifier à nos alliés que la France tourne le dos à son engagement et à son histoire », avait-il déclaré. Deux jours plus tard sur TF1 et LCI, le président de la République Emmanuel Macron abondait : « Choisir de s’abstenir ou de voter contre un soutien à l’Ukraine, ce n’est pas choisir la paix, c’est choisir la défaite ».

Des critiques balayées par François Ruffin : « Nous n’avons pas de leçons à recevoir d’un homme qui a accueilli Vladimir Poutine à Versailles et au fort de Brégançon, alors que la Crimée était déjà envahie, Anna Politkovskaïa et d’autres opposants assassinés », réplique-t-il en raillant « les zigzags » du chef de l’État sur sa position face à Vladimir Poutine.

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