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Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron a progressivement haussé le ton sur le rôle de la France

POLITIQUE - Lentement mais sûrement, son ton a changé. Illustration lundi 26 février. Ce soir-là, à l’issue d’une conférence de soutien à l’Ukraine, Emmanuel Macron lève le tabou pesant sur l’envoi de troupes occidentales dans le pays attaqué par son voisin russe. Sans faire aucune annonce, mais en mettant le sujet sur la table.

Guerre en Ukraine : l’envoi de troupes occidentales n’est « pas exclu », selon Macron

Interrogé à la fin de son intervention sur l’engagement militaire de la France et de ses alliés, le chef de l’État, bien que très prudent, a eu une réponse pour le moins inédite. « Il n’y a pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée des troupes au sol. Mais en dynamique, rien ne doit être exclu. Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre » a-t-il déclaré.

Il aura l’occasion de s’en expliquer jeudi lors d’une réunion avec les chefs de partis qu’il a conviés à l’Elysée. Car en deux ans, son discours a évolué. Aux premières heures du conflit, l’idée de fournir des armes à Kiev n’était même pas envisagée.

Le 2 mars 2022, quelques jours après le lancement de l’offensive russe, le président s’adressait aux Français lors d’une allocution de près de 15 minutes et indiquait sans détour : « Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie (...) ». « J’ai aussi choisi de rester en contact et resterai en contact autant que je le peux (...) avec le président Poutine, pour chercher sans relâche à le convaincre de renoncer aux armes (...) pour prévenir la contagion et l’élargissement du conflit, autant que nous le pouvons » avait-il affirmé.

« Des choix à faire »

Sept mois plus tard, dans l’émission L’Événement sur France 5, il persiste et signe : « Je le dis depuis le début, nous soutenons l’Ukraine dans sa résistance sans participer à la guerre (...). Parce que nous ne voulons pas de guerre mondiale. »

Puis le 8 février 2023 alors que les Ukrainiens sont enlisés dans le conflit depuis près d’une année, Emmanuel Macron réaffirme le soutien français à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, ce dernier ne cachant pas ses inquiétudes à ses alliés occidentaux. Le chef de l’État l’assure alors : « La Russie ne peut, ni ne doit l’emporter. Aussi longtemps qu’elle attaquera, il sera nécessaire que nous poursuivions, adaptions, modulions, le soutien militaire nécessaire à la préservation de l’Ukraine et de son avenir. »

À nouveau interrogé en fin d’année 2023 lors d’une interview fleuve dans l’émission C à vous, le chef de l’État réaffirme sa « ligne », « qui est le soutien à l’Ukraine », et prépare les esprits à la suite. « Dans les mois qui viennent, nous aurons des choix, j’en suis sûr à faire ». Et de poursuivre en expliquant que l’Ukraine serait « à coup sûr, l’une des questions qui structurera l’année 2024 ». Le dossier brûlant qu’il vient d’ouvrir le confirme aisément.

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