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Guerre en Ukraine : après les propos d’Emmanuel Macron sur l’envoi de troupes à Kiev, les alliés de la France tempèrent

Emmanuel Macron assiste à une conférence de presse visant à renforcer le soutien occidental à l’Ukraine, au palais présidentiel de l’Élysée à Paris, le 26 février 2024.
GONZALO FUENTES / AFP Emmanuel Macron assiste à une conférence de presse visant à renforcer le soutien occidental à l’Ukraine, au palais présidentiel de l’Élysée à Paris, le 26 février 2024.

INTERNATIONAL - Un à un les alliés de la France tempèrent. Les dirigeants de la Suède, de l’Espagne, de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque ou encore de l’Allemagne ont préféré rassurer Moscou après les propos d’Emmanuel Macron sur l’envoi de troupes occidentales en Ukraine, qui avait estimé la veille que cela ne pouvait pas « être exclu ». Le président avait toutefois reconnu qu’il n’y avait « pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée des troupes au sol ».

Guerre en Ukraine : en évoquant l’envoi de troupes, Macron pousse ses adversaires à se positionner

Si le président n’a pas affirmé qu’il comptait déployer des troupes dans l’immédiat, le Kremlin a rapidement mis en garde les Occidentaux, affirmant qu’il n’était « absolument pas dans l’intérêt de ces pays » d’envoyer des soldats en Ukraine. Le simple fait d’évoquer cette possibilité constituait « un nouvel élément très important » dans le conflit, a ajouté le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, tout en notant qu’il n’y avait « pas de consensus » sur le sujet chez les Occidentaux. « Certaines de ces actions pourraient nécessiter une présence sur le territoire ukrainien sans franchir le seuil de belligérance », a temporisé ce mardi Stéphane Séjourné, le ministre des Affaires étrangères.

De son côté, l’Occident a vite éteint la flamme allumée par Paris, qui aurait pu déclencher un incendie. « L’Otan et les Alliés apportent une aide militaire sans précédent à l’Ukraine. Nous l’avons fait depuis 2014 et nous sommes passés à la vitesse supérieure après l’invasion russe à grande échelle. Mais il n’y a aucun projet de troupes de combat de l’Otan sur le terrain en Ukraine », a ainsi appuyé un responsable de l’Alliance.

Appel à « accélérer » l’envoi de matériel militaire à Kiev

Le chancelier allemand Olaf Scholz a, quant à lui, affirmé à la mi journée qu’« aucun soldat » ne serait envoyé en Ukraine par des pays d’Europe ou de l’Otan. Il a jugé lors d’une conférence de presse que « ce qui a été décidé entre nous dès le début continue à être valide pour l’avenir », à savoir « qu’il n’y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les États européens, ni par les États de l’Otan sur le sol ukrainien ».

Même son de cloche du côté de Madrid. « Nous ne sommes pas d’accord » avec l’idée de « déployer des troupes européennes en Ukraine », a affirmé mardi la porte-parole de l’exécutif espagnol, Pilar Alegría. Elle a insisté, en revanche, sur le caractère « urgent » d’« accélérer » l’envoi de matériel militaire à Kiev.

Varsovie et Prague se sont également opposé à l’éventualité d’une intervention au sol esquissée par Paris. « On n’envisage pas d’envoyer nos troupes en Ukraine et nous avons sur ce point une position commune » avec la République tchèque, a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk mardi lors d’une conférence de presse avec son homologue tchèque Petr Fiala. « Aujourd’hui, nous devrions nous concentrer, comme l’ont fait les gouvernements polonais ou tchèque, à soutenir l’Ukraine au maximum dans son effort militaire », a précisé Donald Tusk.

Ulf Kristersson, Premier ministre de la Suède qui va très prochainement devenir le 32e membre de l’Otan, a fait valoir qu’« il n’y a pas de demande » côté ukrainien pour des troupes au sol. Donc « la question n’est pas d’actualité », a-t-il insisté, sans toutefois exclure cette possibilité à l’avenir, tout comme Emmanuel Macron. « Pour l’instant, nous sommes occupés à envoyer du matériel avancé à l’Ukraine (et ce) de différentes manières », a-t-il souligné.

Budapest, proche de Moscou, fermée sur la question

Budapest, seule capitale parmi les Vingt-sept à avoir maintenu des liens étroits avec Moscou après le lancement de l’invasion de l’Ukraine il y a deux ans et qui a bloqué un certain temps une nouvelle aide européenne à Kiev, a sans surprise affiché son opposition. « La position de la Hongrie est claire et ferme : nous ne sommes pas prêts à envoyer des armes ou des soldats en Ukraine. Il faut mettre fin à la guerre, et non l’approfondir et l’élargir », a affirmé mardi sur Facebook son chef de la diplomatie, Peter Szijjarto.

Depuis qu’il a reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky mi-février à l’Élysée pour signer un accord de sécurité bilatéral, Emmanuel Macron peint un tableau très sombre des intentions de Vladimir Poutine et tente de se positionner en première ligne de l’appui apporté à Kiev.

« Nous voyons, et tout particulièrement ces derniers mois, un durcissement de la Russie », « qui s’est malheureusement cruellement illustré avec la mort d’Alexeï Navalny », le principal opposant russe, a-t-il réaffirmé lundi, tout en lançant cet avertissement : « Nous savons aussi que la Russie prépare des attaques nouvelles, en particulier pour sidérer l’opinion ukrainienne ».

Au sein de la classe politique française, l’éventualité d’envoyer des troupes en Ukraine a aussi soulevé un tollé chez les oppositions, de la gauche radicale à l’extrême droite en passant par les socialistes et la droite.

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