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Guerre Israël-Hamas : l’espoir d’une nouvelle trêve à Gaza s’éloigne avec la reprise des combats

Depuis la fin de la trêve, les frappes israéliennes sur Gaza ont repris de manière intensive. Les négociations sont au point mort.

Un missile lancé par Israël vers la bande de Gaza, le 3 décembre 2023.
JOHN MACDOUGALL / AFP Un missile lancé par Israël vers la bande de Gaza, le 3 décembre 2023.

PROCHE-ORIENT - Les combats ont recommencé de plus belle. Trois jours après la reprise des hostilités entre Israël et le Hamas, la trêve qui a permis la libération d’une centaine d’otages et de 230 prisonniers palestiniens paraît loin ce dimanche 3 décembre. L’espoir d’un nouvel arrêt des frappes encore plus. Le HuffPost fait le point sur la situation.

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• Netanyahou veut continuer les combats

L’objectif affiché du Premier ministre israélien depuis les attaques du Hamas du 7 octobre est clair : « détruire » le mouvement islamiste considéré comme terroriste par Israël, les États-Unis et l’UE. Malgré la mise en garde d’Emmanuel Macron, qui a souligné le risque d’une guerre de dix ans, Benjamin Netanyahou a réaffirmé samedi que le conflit continuera jusqu’à ce que « tous (l)es objectifs soient atteints ».

« Nous ne pouvons pas atteindre ces objectifs sans poursuivre les opérations au sol » qui « ont été essentielles pour parvenir aux résultats jusqu’ici », a-t-il ajouté, au cours de sa première conférence de presse depuis la fin de la trêve d’une semaine.

• Reprise intensive des frappes

Dans ce contexte, Tsahal a mené ce dimanche de nouvelles frappes aériennes suivies de tirs d’artillerie tout au nord de Gaza, le long de la frontière avec Israël. L’armée a multiplié également les raids aériens dans le sud du territoire. La région de Khan Younès a été particulièrement ciblée.

Samedi, elle a dit avoir conduit plus de 400 frappes sur Gaza en près de 48 heures. Et ce dimanche, elle a tweeté avoir « éliminé cinq terroristes » et visé « des puits de tunnels terroristes, des centres de commandement et des lieux de stockage d’armes » du Hamas.

« En étendant nos opérations militaires, nous remplissons deux objectifs. Premièrement, nous frappons le Hamas, éliminons plus de terroristes, de commandants, d’infrastructures terroristes, (...) et nous créons les conditions pour forcer (le Hamas) à payer un lourd tribut : la libération des otages », a déclaré le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant.

Le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir dans le territoire palestinien surpeuplé, a déploré samedi plus de 240 morts et 650 blessés depuis la reprise des combats le 1er décembre. Les bombardements sur Gaza ont fait « plus de 15 523 morts, à 70 % des femmes et des enfants » depuis le début de la guerre, selon le Hamas.

Sans remettre en cause le droit de son allié « de se défendre », les États-Unis ont mis en garde Israël face à la multiplication des victimes civiles à Gaza. « Trop de Palestiniens innocents ont été tués » a insisté la vice-présidente américaine Kamala Harris depuis la COP28 à Dubaï, s’alarmant d’images « dévastatrices ».

De leur côté, le Hamas et le Jihad islamique ont annoncé ce dimanche de nouveaux tirs de roquettes en direction d’Israël. La plupart des engins sont interceptés par le système de défense antiaérien israélien.

• Les négociations bloquées

Les deux camps s’accusent mutuellement d’être responsable de la fin de la trêve. Benjamin Netanyahou a accusé le Hamas d’avoir « violé l’accord » en « tirant des roquettes » vers Israël. Le mouvement palestinien a lui revendiqué une attaque à Jérusalem fatale à quatre Israéliens, et a accusé Israël d’avoir imposé de nouvelles conditions aux libérations des otages, dont les militaires israéliens.

Le numéro deux du bureau politique du Hamas, Saleh al-Arouri, a déclaré : « le prix à payer pour la libération des prisonniers sionistes sera la libération de l’ensemble de nos prisonniers, après un cessez-le-feu. » D’après l’armée israélienne, 137 otages sont toujours aux mains du Hamas ou de groupes affiliés.

Face à « l’impasse » des discussions, les envoyés d’Israël au Qatar, principal intermédiaire des deux belligérants, sont revenus à Jérusalem.

• La catastrophe humanitaire se poursuit à Gaza

Pendant ce temps, les besoins restent immenses dans la bande de Gaza, soumise à un « siège complet » par Israël depuis le 9 octobre, alors que 1,8 million de personnes - sur 2,4 millions d’habitants - ont été déplacées par la guerre d’après l’ONU.

D’après l’organisation internationale, les ordres d’évacuation de l’armée aux Palestiniens avant des frappes ont concerné samedi un quart de la bande de Gaza. Ces ordres, « sans garanties de sécurité ou de retour », sont « équivalents à un transfert forcé de population », a jugé l’ONG Norwegian Refugee Council.

Le commissaire de l’ONU pour les droits humains, Volker Turk, a jugé que les évacuations faisaient que « des centaines de milliers de personnes se retrouvent confinées dans des zones de plus en plus petites ». Il s’inquiète du manque d’eau, de nourriture, de soins, d’autant qu’il n’y a selon lui « pas d’endroit sûr à Gaza ».

L’inquiétude est particulièrement forte dans les hôpitaux. Celui de Khan Younès comptait samedi « trois fois sa capacité », a souligné le chef de l’Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, évoquant une « situation terrifiante ».

Par ailleurs, le Croissant-Rouge palestinien a reçu samedi des premiers « camions d’aide » depuis vendredi, via le terminal égyptien de Rafah. D’après l’ONU, 880 étrangers et binationaux ont aussi été évacués via Rafah en Égypte, ainsi que 13 blessés.

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