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Guerre Israël-Hamas : des ministres d’extrême droite réclament le « retour » de colonies à Gaza

Le ministre de la sécurité intérieure israélien Itamar Ben Gvir s’est exprimé à un rassemblement d’extrême droite ce 28 janvier 2024 (image d’illustration prise le 31 décembre 2023).
ABIR SULTAN / AFP Le ministre de la sécurité intérieure israélien Itamar Ben Gvir s’est exprimé à un rassemblement d’extrême droite ce 28 janvier 2024 (image d’illustration prise le 31 décembre 2023).

ISRAËL - Des danses joyeuses et des célébrations entre deux discours virulents contre les Gazaouis. Des milliers d’Israéliens dont des ministres se sont réunis ce dimanche 28 janvier au soir à Jérusalem, pour exhorter le Premier ministre Benjamin Netanyahu à faire aboutir le projet de réinstallation de colonies dans la bande de Gaza.

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« Le temps est venu de revenir à Gush Katif et d’encourager l’émigration volontaire », a déclaré le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, évoquant un groupe de colonies israéliennes jadis installées à Gaza. Outre le dirigeant du parti d’extrême droite pro-colons la Force juive, onze autre membres du gouvernement appartenant au parti de Natanyahu, le Likoud, étaient présents.

« La retraite amène la guerre et si nous ne voulons plus de 7 octobre, nous devons rentrer chez nous, contrôler le territoire et (...) encourager » le départ « volontaire » des Gazaouis, a-t-il ajouté, alors que la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza dure depuis presque quatre mois.

Expulser les Palestiniens de Gaza

Des intervenants ont réclamé l’expulsion des Palestiniens de Gaza, jugeant que la réimplantation de colonies était la seule issue pour assurer la sécurité d’Israël. Des jeunes mais aussi Itamar Ben Gvir ont été vus en train de danser pendant ce rassemblement propageant des propos violents à Jérusalem.

D’autres chantaient « les accords d’Oslo sont morts, le peuple d’Israël vit », en référence aux accords censés déboucher sur la cohabitation pacifique des deux peuples, entérinés en 1993 par le chef de l’OLP Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, à la Maison Blanche, devant le président américain Bill Clinton.

Le rassemblement témoigne de ce qu’une frange extrémiste, longtemps minoritaire en Israël, y gagne actuellement du terrain, au risque d’approfondir encore les différends entre Israël et son allié américain.

« Le plus intéressant a été de voir des milliers d’Israéliens danser et chanter, ce qui n’est pas très courant en Israël après le 7 octobre. Mais c’est le cas, car ils voient la guerre comme une excellente opportunité de construire des colonies à Gaza », a analysé le journaliste Oren Ziv sur X (ex-Twitter).

Israël a occupé la bande de Gaza ainsi que la Cisjordanie et Jérusalem-Est depuis la guerre de 1967. Quelque 400 000 Israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie dans des colonies considérées comme illégales par la majorité de la communauté internationale, aux côtés de trois millions de Palestiniens.

Netanyahu se dit contre les colonies à Gaza

Israël a en revanche retiré ses ressortissants de 21 colonies installées dans la bande de Gaza en 2005. Le territoire abrite 2,4 millions de Palestiniens, dont une grande majorité a été déplacée depuis le début des combats en octobre.

Le Premier ministre israélien n’a jusqu’à présent jamais soutenu le projet de relancer des colonies à Gaza, déclarant que le projet n’était « pas un objectif réaliste ». Il n’a encore jamais organisé de réunion de son gouvernement consacrée au « jour d’après » la guerre.

Le gouvernement Netanyahu est le plus religieux et ultranationaliste de l’histoire du pays. Il a érigé en priorité l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée depuis son arrivée au pouvoir fin 2022. Mais sa politique est en contradiction ouverte avec l’approche des États-Unis, allié indéfectible d’Israël. Le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, a déjà qualifié la perspective de nouvelles colonies à Gaza d’« irresponsable ».

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