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Guerre Israël-Hamas : Depuis Gaza, une Gazaouie raconte la peur de « l’escalade » face au retour des bombardements

Avec la fin de la trêve ce 1er décembre, Israël a repris les bombardements sur Gaza
SAID KHATIB / AFP Avec la fin de la trêve ce 1er décembre, Israël a repris les bombardements sur Gaza

PROCHE-ORIENT - À l’autre bout du téléphone, dans le fond sonore, des voix et des cris d’enfants jaillissent parfois, une voix d’homme leur répond en arabe. Mais ce qui frappe c’est l’urgence avec laquelle Salwa Tibi parle. Dans un ton qui traduit l’inquiétude et la vigilance, et dans un débit si rapide qu’il en est difficile de prendre des notes, cette employée de l’ONG Care qui mène plusieurs programmes à Gaza, raconte ce vendredi 1er décembre, la reprise des bombardements après une semaine de trêve entre le Hamas et Israël.

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« Depuis 7 heures ce matin, c’est sans arrêt le bruit des bombardements. Je suis au nord de Rafah, dans un endroit normalement sûr, mais on entend le bruit des bombardements tout autour. On a peur, les enfants pleurent (....) J’ai reçu un message de mon père, 83 ans, qui refuse de quitter le nord de Gaza, il parlait de 10 à 20 corps dans la rue et que les ambulances ne pouvaient pas y accéder. (...) On ne peut pas se parler au téléphone, mais on peut s’envoyer des messages », raconte Salwa au HuffPost.

Depuis près de 50 jours maintenant, Salwa a dû quitter sa maison de Gaza, détruite, et trouver refuge à Rafah. Elle vit dans une maison qu’elle loue avec une vingtaine de membres de sa famille : son mari, ses filles, son fils, et leurs époux et épouses. Il y a huit enfants avec eux. Si trouver cet endroit où vivre, a été une « vraie chance » pour l’employée, elle craint de devoir à nouveau se déplacer.

Tsahal a publié une carte sur laquelle la bande de Gaza est découpée en petits carrés numérotés, Salwa se trouve dans le numéro 5.

« J’ai reçu des messages d’un ami de CARE, il me disait qu’il y a des bombardements dans le nord de Rafah et que je vais devoir déménager. On n’est pas en sécurité. Mais on a décidé de ne pas bouger, car il y a déjà des milliers de gens qui sont évacués de Khan Younis, de Bani, de Qarara, vers Rafah. Je ne sais pas où je vais pouvoir aller, rester c’est mieux que d’errer », explique Salwa.

Israël a distribué des flyers dans la bande de Gaza ce vendredi matin, prévenant de bombardements et encourageant à rejoindre Rafah, seul point de passage humanitaire avec l’Égypte.

Même si Salwa se sent mieux lotie que d’autres réfugiés, elle doit s’accommoder de conditions difficiles, d’autant, dit-elle en colère, que l’aide humanitaire ne parvient qu’aux refuges et aux écoles. « Les gens qui sont dans des maisons n’ont rien reçu. On a été oubliés par les Nations Unies », tonne-t-elle. La famille est pour l’instant en mesure de faire un repas par jour, malgré le manque d’eau courante, d’électricité, et de gaz.

« Pendant la trêve j’ai pu aller au marché et ramener des conserves, mais c’était très cher, le prix était le double, raconte encore Salwa. J’ai aussi réussi à acheter des tomates et des patates pour les enfants, mais en quantité limitée avec le prix. Mais il n’y a pas de biscuit pour eux, alors on bricole avec de la farine et de l’eau ».

Ces derniers, dit-elle, sont constamment sur le qui-vive et ne supportent pas d’être séparés de leur mère même pour quelques minutes. Leurs pleurs jaillissent dans la nuit au même titre que les angoisses des adultes. « Les femmes, les jeunes, les hommes, eux aussi sont traumatisés », interpelle Salwa qui dit craindre désormais une nouvelle escalade dans les combats et les bombardements.

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