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Guerre Israël-Hamas : encerclée, la ville de Khan Younès désormais au cœur des combats à Gaza

Les troupes israéliennes sont désormais engagées dans des combats terrestres dans la ville de Khan Younès, nouvel épicentre du conflit dans le sud de la bande de Gaza.
MAHMUD HAMS / AFP Les troupes israéliennes sont désormais engagées dans des combats terrestres dans la ville de Khan Younès, nouvel épicentre du conflit dans le sud de la bande de Gaza.

PROCHE-ORIENT - La guerre s’est déportée au sud, où se sont pourtant réfugiés des milliers de civils depuis deux mois. Ce mercredi 6 décembre, l’armée israélienne encercle désormais Khan Younès, grande ville du sud de la bande de Gaza ou l’État hébreu a étendu ses opérations au sol ces dernières heures.

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Sur place, des combats parmi les plus intenses depuis la résurgence du conflit entre Israël et le Hamas font rage. Et les forces israéliennes y sont pour beaucoup, comme le confirme le chef d’état-major de l’armée israélienne qui indique que ses forces « encerclent Khan Younès » avec « une force extrême ». Car après avoir « sécurisé de nombreux bastions du Hamas dans le nord de la bande de Gaza », ils mènent « maintenant des opérations contre ses bastions dans le sud ».

« Nos forces trouvent des armes dans presque tous les bâtiments et maisons, des terroristes dans de nombreuses maisons et les affrontent », a-t-il ajouté.

Pour le Hamas, l’objectif est donc d’empêcher Tsahal d’entrer dans Khan Younès et les secteurs situés à l’est de la ville, ainsi que dans les camps de réfugiés à proximité, comme le confirment plusieurs sources du Hamas à l’AFP.

Carte de la bande de Gaza.
AFP Carte de la bande de Gaza.

Dans le même temps, le bureau de presse du gouvernement du Hamas avance qu’Israël a fait « des dizaines de morts et de blessés » dans la nuit de mardi à mercredi dans plusieurs villages à l’est de Khan Younès. Des tirs d’artillerie au sud auxquelles se sont ajoutées des attaques dans plusieurs autres secteurs de la bande de Gaza.

Et si plusieurs frappes aériennes israéliennes ont une nouvelle fois été mortelles, comme au camp de Nousseirat ou celui de Jabalia, le ministère de la Santé du Hamas confirme que le directeur d’une clinique de Khan Younès, Ramez al-Najjar, a été tué dans un raid israélien contre son domicile.

Une situation qui continue d’inquiéter vivement la communauté internationale et humanitaire en raison du très grand nombre de réfugiés civils qui avaient été contraints de fuir le nord de Gaza pour échapper aux bombardements de l’État hébreu avant la trêve de 7 jours.

Fuite en avant

Outre Khan Younès, l’armée israélienne continue de se focaliser sur la traque du Hamas. En particulier ses plus hauts dirigeants. Ce mercredi, sur X, Tsahal a d’ailleurs affirmé avoir tué « la plupart des hauts commandants » des brigades du Hamas qui se trouvaient au nord de Gaza, dans un important réseau de tunnels.

Sur la photo de ces hommes, cinq sont entourés en rouge par Israël, symbolisant ainsi les cibles du mouvement islamique palestinien qu’Israël dit avoir « éliminés ».

L’objectif d’éradication total du Hamas en Palestine est donc toujours à l’ordre du jour. Raison pour laquelle l’armée israélienne largue désormais chaque jour sur Khan Younès des tracts avertissant de l’imminence d’un bombardement.

Sur ces tracts, l’ordre est donné aux habitants de quitter leur quartier. Mais l’ONU, qui a calculé que 28 % du territoire la bande de Gaza tombe désormais sous le coup de ces ordres d’évacuation, a jugé « impossible » de mettre en place des zones sécurisées pour accueillir les civils telles que désignées par Israël.

D’autant plus que la population civile, invitée à fuir plus au sud est condamnée à attendre à proximité du poste-frontière de Rafah (Égypte), désigné par l’ONU comme le seul endroit du territoire où de l’aide humanitaire est encore distribuée, bien qu’en quantité limitée. À l’inverse, l’aide n’arrive pratiquement plus à Khan Younès, et l’accès aux zones situées plus au nord est maintenant coupé depuis la reprise des combats le 1er décembre.

Israël a toutefois indiqué avoir instauré une nouvelle pause « tactique locale et temporaire des activités militaires » dans le district de Rafah entre 10h et 14h ce mercredi, dans un but « humanitaires dans la zone d’Al-Shaboura » et « à des fins de ravitaillement ».

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