La guerre contre les femmes

“Je n’oublierai pas les visages dans la pièce. Je n’oublierai pas leurs larmes, leurs cris de désespoir.” Le vendredi 24 juin, raconte USA Today dans le reportage qui ouvre notre dossier cette semaine, le service de gynécologie de la clinique d’Alamo, au Texas, a dû interrompre ses activités. La Cour suprême des États-Unis venait d’abroger l’arrêt Roe vs Wade, qui depuis 1973 accordait aux Américaines le droit à l’avortement.

Le témoignage cité plus haut est celui d’Andrea Gallegos, directrice administrative d’une clinique de Tulsa, dans l’Oklahoma. Elle décrit au journal une journée cataclysmique, entre sidération et colère, et le désarroi du personnel de santé comme celui des patientes, dont les rendez-vous ont dû être annulés si brutalement.

D’ici quelques semaines, cette décision va priver des millions de femmes d’un droit fondamental, celui de disposer de leur corps, et cela aura des conséquences sur plusieurs générations. La presse étrangère est sous le choc, nous aussi. Car c’est à un retour en arrière majeur que nous assistons. Comment en est-on arrivé là ? C’est ce que nous décryptons dans ce dossier.

Si la décision était attendue, depuis des fuites partagées au début de mai dans la presse, elle a provoqué une véritable onde de choc aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Depuis, les réactions (et les manifestations) se sont multipliées. Ainsi de l’éditorial remarqué et particulièrement virulent du New England Journal of Medicine. Ce journal de référence évoque une “dystopie orwellienne” qui risque d’entraîner “une morbidité et une mortalité accrues” et condamne sans équivoque la décision de la Cour suprême d’un point de vue sanitaire. Comme tant d’autres titres dans la presse étrangère.

Pour The Guardian, il n’y a pas l’ombre d’un doute :

“Si on veut résumer comment les Américaines ont perdu leur droit à l’avortement, la version courte de l’histoire tient en un nom, Donald Trump.”

L’ex-président américain (2016-2020) a en effet pu nommer pendant son mandat “trois juges à la Cour suprême sur un total de neuf juges, faisant ainsi basculer la plus haute juridiction américaine dans le camp conservateur pour les vingt-cinq prochaines années”.

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