Vers une guerre chiito-chiite en Irak ?

PHOTO ESSAM AL-SUDANI / REUTERS

Les tensions sécuritaires en Irak se sont déplacées le jeudi 1er septembre dans la province méridionale de Bassorah. Quatre miliciens y ont été tués lors d’affrontements entre les partisans du leader chiite hostiles à l’Iran, Moqtada Al-Sadr, et des miliciens pro-Iran. “Des échanges de tirs ont entraîné la mort de quatre personnes, dont deux appartenant à Saraya Al-Salam, la branche armée du mouvement sadriste, et deux autres à Asaïb Ahl Al-Haq [pro-Iran]”, a indiqué Al-Jazeera.

Cette nouvelle poussée de violence intervient après un début de semaine sanglant dans le centre de Bagdad – dans la foulée de l’annonce par Moqtada Al-Sadr de son retrait “définitif” de la vie politique. Une trentaine de morts et plusieurs dizaines de blessés ont été déplorés. Le lundi 29 et le mardi 30 août, la capitale et son quartier ultrasécurisé de la zone verte, siège des principales institutions du pays et des ambassades occidentales, ont été le théâtre de combats nourris ayant fait planer l’ombre d’une guerre civile. Moqtada Al-Sadr était alors intervenu pour demander à ses partisans de se retirer pour éviter une plus grande effusion de sang.

Un calme relatif

Mais les observateurs craignent désormais que cette succession d’incidents ne soit le prélude à un affrontement armé plus large entre les deux camps, alors que le pays est englué dans une impasse politique depuis octobre dernier. “Il y a des indications que le calme relatif observé [le mardi 30 août] sur le ‘front’ de Bagdad était juste le moyen de réorganiser les rangs en vue d’affrontements intermittents”, voire réguliers, s’inquiète Asharq Al-Awsat.

L’Irak connaît une crise politique profonde et est totalement paralysé par le bras de fer qui oppose les deux camps chiites depuis près d’un an. Le pays est toujours sans nouveau président ni nouveau gouvernement. Les députés sadristes, grands vainqueurs des législatives d’octobre dernier, ont, eux, démissionné en juin. Et leur leader vient donc d’annoncer, à la surprise générale, son retrait de la vie politique.

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