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Groupes de niveau au collège : ce que dit (et ne dit pas) l’arrêté publié au Journal officiel

L’arrêté sur les groupes de niveau au collège publié au Journal officiel, ce qu’il dit(ou pas) - Photo d’illustration prise dans un collège de Paris le 4 septembre 2023.
MIGUEL MEDINA / AFP via Getty Images L’arrêté sur les groupes de niveau au collège publié au Journal officiel, ce qu’il dit(ou pas) - Photo d’illustration prise dans un collège de Paris le 4 septembre 2023.

POLITIQUE - Un compromis entre la « règle » et la « souplesse ». L’arrêté sur la mise en place de « groupes » de niveau en mathématiques et en français au collège, une mesure controversée, a été publié dimanche 17 mars au Journal officiel, avec une formulation qui ne reprend pas les termes de « groupes de niveau » mais de groupes « constitués en fonction des besoins des élèves ». Une façon de trancher sans fâcher les enseignants.

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Les « groupes de niveaux » étaient présentés comme une mesure phare du programme pour le « choc des savoirs » annoncé par Gabriel Attal quand il était à l’Éducation. Le but était de constituer des groupes restreints pour aider les élèves aux difficultés en 6e et en 5e. Mais la mesure a fait hurler les enseignants aussi bien sur le fond (ils ont dénoncé une forme de « tri ») que sur la forme, à cause du manque de moyens humains pour les mettre en place.

La classe entière « une à dix semaines » par an

Arrivée rue de Grenelle dans le sillage de Gabriel Attal à Matignon, l’actuelle ministre Nicole Belloubet a tenté de calmer les esprits : sans reprendre l’expression de « groupe de niveau », elle a prôné de la « souplesse » dans leur mise en application. Une « souplesse » que le Premier ministre a en partie restreinte en annonçant une semaine plus tard que ces groupes seraient « la règle » appliquée « les trois quarts de l’année au moins » et les cours en classes entières « l’exception ».

In fine, le décret paru au JO stipule que « les enseignements communs de français et de mathématiques, sur tout l’horaire, sont organisés en groupes pour l’ensemble des classes et des niveaux du collège. » « Par dérogation, et afin de garantir la cohérence des progressions pédagogiques des différents groupes, les élèves peuvent être, pour une ou plusieurs périodes, une à dix semaines dans l’année, regroupés conformément à leur classe de référence pour ces enseignements », est-il encore précisé. Ce qui va dans le sens de Gabriel Attal.

Des groupes de 10 ou de 20 ? Les professeurs gardent la main

Combien d’élèves dans ces groupes ? L’arrêté ne le précise pas et laisse à ce niveau la main au corps pédagogique. La fameuse « souplesse » d’application. « Les groupes sont constitués en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs. Les groupes des élèves les plus en difficulté bénéficient d’effectifs réduits », indique l’arrêté. La composition des groupes sera « réexaminée au cours de l’année scolaire, notamment à l’occasion des regroupements, afin de tenir compte de la progression et des besoins des élèves ».

« Qu’importe le nom, pourvu qu’il y ait la mesure », a indiqué Gabriel Attal cette semaine à l’AFP. Une ligne que dénonce le SNES-FSU. Ce dimanche, la secrétaire générale du premier syndicat du secondaire Sophie Vénétitay a dénoncé sur X la mise en place d’une « usine à gaz pour tenter de sauver une obsession politique au mépris de la réalité de terrain ».

Ce nouveau dispositif entrera en vigueur à compter de la rentrée scolaire 2024 pour les classes de 6e et de 5e. Les classes de 4e et de 3e seront concernées pour la rentrée 2025.

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