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La Grande Barrière de Corail d'Australie victime d'un cinquième épisode de blanchiment massif en huit ans

La Grande Barrière de Corail d'Australie victime d'un cinquième épisode de blanchiment massif en huit ans

La Grande Barrière de Corail d'Australie est en proie à un phénomène de blanchiment massif, ont confirmé les autorités.

L'Institut australien des sciences de la mer (AIMS) et l'Autorité du parc marin de la Grande Barrière de Corail ont affirmé, vendredi 8 mars 2024, qu'ils avaient détecté des dommages étendus sur le site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les relevés aériens effectués sur les deux tiers du parc marin ont confirmé qu'un blanchiment généralisé du corail était en cours sur la Grande Barrière. C'est la cinquième fois en huit ans que les scientifiques constatent des dégâts importants sur le récif.

"Les résultats sont conformes à ce que nous avons observé avec des températures de surface de la mer supérieures à la moyenne dans l'ensemble du parc marin pendant une période prolongée", souligne, le Dr Roger Beeden, scientifique en chef de la Reef Authority.

"Les études aériennes du récif ont révélé un blanchiment des coraux en eau peu profonde sur la plupart des récifs étudiés".

Un phénomène mondial de chaleur extrême

Selon l'AIMS, les épisodes de blanchiment massif sont un phénomène moderne causé par le réchauffement des océans dû au changement climatique. Le blanchiment se produit lorsque des stress tels que la chaleur extrême poussent les coraux à expulser les algues qu'ils contiennent et qui les nourrissent en nutriments et leur donnent leur couleur.

Les événements précédents ont eu lieu en 1998, 2002, 2016, 2017, 2020 et 2022. Avant cela, il n'y a aucune preuve d'un blanchissement aussi étendu dans les archives coralliennes de la Grande Barrière, qui remontent à 500 ans.

Ce phénomène de blanchiment massif fait suite à des rapports similaires émanant de récifs du monde entier au cours des 12 derniers mois. Le changement climatique a amplifié l'effet du phénomène El Niño dans l'océan Pacifique, entraînant des températures record à la surface de la mer.

Les coraux de la Grande Barrière de Corail sont visibles sous les vagues au-dessus du récif Moore, dans le pays de la mer de Gunggandji, en Australie.
Les coraux de la Grande Barrière de Corail sont visibles sous les vagues au-dessus du récif Moore, dans le pays de la mer de Gunggandji, en Australie. - AP Photo/Sam McNeil

Le programme Coral Reef Watch du gouvernement américain a averti que la planète se dirigeait vers son quatrième épisode de blanchissement massif, qui pourrait toucher les récifs de l'Atlantique, du Pacifique et, potentiellement, de l'océan Indien.

"Au cours du dernier été de l'hémisphère nord, les Caraïbes et le Pacifique oriental ont connu un stress thermique record qui a entraîné un blanchiment sévère et généralisé des coraux", explique le Dr David Wachenfeld, directeur du programme de recherche de l'AIMS.

"Cet épisode de blanchiment massif des coraux sur la Grande Barrière de Corail s'inscrit dans un schéma mondial de chaleur extrême, causé par le changement climatique".

Que signifie cet épisode de blanchiment massif pour la Grande Barrière de Corail ?

La Grande Barrière de Corail est le plus grand système corallien du monde. Elle s'étend sur plus de 2 300 km et comprend 320 récifs au large de la côte nord-est de l'Australie.

"L'écosystème de la Grande barrière étant aussi vaste que l'Italie, le stress thermique n'y est pas uniforme", explique le Dr Neal Cantin, chercheur principal à l'AIMS.

"Par conséquent, nous observons des différences entre les récifs en ce qui concerne le nombre de coraux complètement blancs".

Le blanchiment est une réaction de stress dont les coraux peuvent se remettre, en fonction de la durée et de l'intensité du stress thermique. Mais il les rend plus vulnérables aux maladies, et une chaleur prolongée ou intense peut entraîner la mort des coraux.

Le Dr Neal Cantin indique que les études aériennes et aquatiques continueront à documenter l'étendue, la profondeur et la gravité du blanchiment des coraux dans la Grande Barrière de Corail.

"Tant que les études aériennes et aquatiques ne seront pas terminées et que les données n'auront pas été analysées, nous ne pourrons pas prédire les impacts potentiels de l'épisode de blanchiment massif de cette année".