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Grève du mardi 7 mars : RATP, SNCF, écoles… À quoi s’attendre

GRÈVE - La « France à l’arrêt », c’est aujourd’hui. Pour cette nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, ce mardi 7 mars, le ministre délégué aux Transports Clément Beaune a averti qu’il y « aura(it) de très grandes difficultés ». Il a ainsi invité les Français qui le peuvent à privilégier le télétravail autant que possible, et prévenu que les transports, entre autres, seraient grandement perturbés.

Élisabeth Borne a dit regretter que cette sixième journée de mobilisation pénalise plus particulièrement « les plus modestes », selon elle. « Une France à l’arrêt », comme l’envisagent l’ensemble des organisations syndicales, « c’est évidemment mauvais pour nos concitoyens » et « les premiers pénalisés, quand on a des grèves, ce sont les Français les plus modestes », a-t-elle affirmé sur France 5.

Les renseignements territoriaux estiment à entre 1,1 et 1,4 million le nombre de manifestants en France ce mardi, selon une note consultée par BFMTV et LCI. À Paris, entre 60 000 et 90 000 manifestants devraient battre le pavé pour cette nouvelle journée de grève. Et en dehors de la capitale, c’est à Nantes que la mobilisation devrait être la plus forte, avec 32 500 manifestants attendus, contre 30 000 à Lyon et Toulouse. 20 000 personnes sont également attendues du côté de Marseille, Grenoble, Clermont-Ferrand ou Rennes.

Qu’il s’agisse des transports, du secteur de l’énergie, ou des écoles, voici à quoi vous devez vous attendre aujourd’hui.

Grosses perturbations à la SNCF

  • TGV

Le trafic sera « fortement perturbé sur l’ensemble des lignes opérées par SNCF Voyageurs », avec un train sur cinq en moyenne pour les TGV Inoui et Ouigo, selon la SNCF.

Dans le détail, le trafic sera particulièrement touché sur les axes Nord, Est et Atlantique avec un train sur cinq en moyenne (un train sur deux sur l’axe Paris-Lille). Sur l’axe Sud-Est, seul un TGV sur 3 circulera. Concernant les trajets province-province, il ne faudra compter que sur 1 train sur 10.

  • Eurostar et Thalys

L’Eurostar et le Thalys sont aussi concernés par des perturbations avec deux trains sur trois en moyenne.

  • Intercités

Pas la peine de compter dessus puisqu’il n’y aura « pas de circulation », de nuit comme de jour. À l’exception d’un trajet Paris-Brive et de deux allers-retours Paris-Clermont.

  • TER

Un train sur cinq circulera en France ce mardi sur le réseau TER.

  • Transilien

Un train sur trois circulera sur les lignes ferroviaires H, K, U, un train sur cinq sur les lignes J, L, N, R, et un train sur dix sur la ligne P.

Ne comptez pas trop sur la RATP

  • Métro parisien

Les lignes 1 et 14 fonctionneront normalement, grâce à leur automatisation. En revanche, la RATP alerte sur le risque de saturation de ces deux lignes de ce fait.

  • RER

Il faudra compter en moyenne un train sur deux aux heures de pointe et un train sur trois aux heures creuses sur le RER A. Les derniers passages à Châtelet sont prévus vers 21 heures.

Il y aura par ailleurs un train sur deux aux heures de pointe et un train sur trois aux heures creuses pour le RER B. En fin de service, le dernier passage à Châtelet est prévu à 21 h 52. Un changement de train sera nécessaire à Gare du Nord.

Il y aura un train sur cinq sur les RER C et D, et un train sur dix sur le RER E.

  • Bus parisiens

En moyenne, trois bus sur quatre circuleront sur l’ensemble du réseau. Le trafic Noctilien est annoncé normal.

  • Tramway parisien

En moyenne, trois trains sur quatre circuleront sur l’ensemble du réseau.

À noter : la SNCF et la RATP annoncent aussi déjà une journée très perturbée pour le mercredi 8 mars.

Retards et annulations de dernière minute à prévoir dans les airs

Dans les airs, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies de renoncer mardi 7 et mercredi 8 mars à une partie de leurs vols, en prévision de la grève des contrôleurs aériens. La DGAC a demandé aux compagnies de réduire leurs programmes de vols de 20 % à Paris-Charles-de-Gaulle et de 30 % à Paris-Orly, Beauvais, Bordeaux, Lille, Lyon, Nantes, Marseille, Montpellier, Nice et Toulouse.

« Air France prévoit d’assurer près de 8 vols sur 10, dont la totalité de ses vols long-courriers » , a indiqué la compagnie, « toutefois, des retards et des annulations de dernière minute ne sont pas à exclure ».

Des « milliers d’écoles fermées »

Le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, prévoit que « plus de 60 % » des enseignants du premier degré seront grévistes et que « plusieurs milliers d’écoles » seront fermées ce mardi. L’intersyndicale de l’éducation, regroupant les sept principaux syndicats enseignants, a appelé à ce que les grèves permettent de « fermer totalement les écoles, collèges, lycées et services » ce jour.

Du côté de la petite enfance, les syndicats n’évoquent pas de « mardi noir » mais perçoivent une volonté des personnels, souvent précaires, de faire entendre leurs voix. « On ne peut pas dire que ce sera très fort, mais le mouvement sera suivi, c’est certain », explique Cirylle Godfroi, cosecrétaire général du syndicat de la petite enfance (SNPPE), cité par Le Parisien. Pour les parents, il faut donc s’attendre à des perturbations dans les crèches, éventuellement dans les cantines. À Marseille, toutes les cantines scolaires seront fermées ce mardi, une trentaine à Arles, ainsi qu’une trentaine de crèches à Montpellier. Des blocages sporadiques par des lycéens et des étudiants dans les facultés sont également attendus.

« La mobilisation doit se poursuivre et s’annonce déjà très importante mercredi 8 mars dans le cadre de la journée de lutte pour les droits des femmes », a annoncé le Snuipp dans un communiqué.

Des blocages routiers attendus sur les grands axes

De nombreux blocages sont à prévoir dans la journée sur l’autoroute et les grands axes métropolitains. Ce mardi 7 mars, une des premières actions de grande ampleur a pris place près de Rennes, sur la route nationale 24, ou route de Lorient, où la situation s’est tendue comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. « Depuis la rocade de Rennes en extérieur et intérieur, l’accès à la RN 24 en direction de Lorient est fermé. Depuis la RN 24 en arrivant de Lorient, la RN 24 est également fermée », selon un message de Bison Futé transmis vers 04 h 00 aux médias.

« Sur les routes de Rennes, au port de Gennevilliers, sur les ronds-points de Rouen, dans les centrales : la veillée de la grève du 7 mars a déjà commencé », a indiqué la CGT sur son compte Twitter, en diffusant des photos. Une cinquantaine de CRS sont présents sur les lieux, ainsi que des pompiers, tandis que de nombreux foyers d’incendie sont visibles dans la zone. La route est jonchée de plusieurs tables, de chaises ou encore de caddies bloquant la circulation et l’accès.

Les raffineries et ravitailleurs aussi mobilisés

Les expéditions de carburants sont bloquées à la sortie de « toutes les raffineries » ce mardi matin, a affirmé à l’AFP la CGT-Chimie. « La grève est partie partout, (...) avec des proportions de grévistes très variables en fonction des sites, mais avec des expéditions bloquées en sortie de toutes les raffineries ce matin », a déclaré Eric Sellini, élu national de la CGT-Chimie. Selon lui, les raffineries de TotalEnergies, Esso-ExxonMobil et Petroineos sont affectées par ce mouvement social.

Dans un premier temps, les grévistes entendent bloquer les expéditions des raffineries vers les dépôts, mais si le mouvement venait à durer trois jours ou plus, il pourrait entraîner l’arrêt de raffineries. Autre maillon : les avitailleurs ou « pompistes du ciel », chargés d’approvisionner les avions, sont également appelés à la grève dans les aéroports de la France entière. La CGT, premier syndicat du secteur, table sur un impact « immédiat ». Toute la branche pétrole et chimie est appelée à faire grève, y compris dans le secteur pharmaceutique.

Les méthaniers perturbés pour plusieurs jours

Trois des quatre terminaux méthaniers qui permettent d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) en France ont été mis à l’arrêt pour « sept jours », a indiqué lundi soir la CGT Elengy. L’arrêt de ces trois terminaux situés à Fos-sur-Mer (Bouches du Rhône) pour deux d’entre eux, et à Saint Nazaire (Montoir-de-Bretagne, Loire- Atlantique) pour le troisième, bloque l’alimentation en gaz du réseau de distribution GRTgaz, le déchargement des navires méthaniers et le remplissage des citernes de GNL.

« Les trois terminaux méthaniers d’Elengy sont à l’arrêt », a confirmé à l’AFP la direction d’Elengy, filiale d’Engie, qui indique que cette mise à l’arrêt s’est faite « dans des conditions de sécurité classiques » et n’a, à ce stade « pas d’impact » pour le grand public.

L’arrêt a été « voté par l’assemblée générale du personnel organisée par la CGT » (majoritaire), selon Mathieu Michel, élu au CHSCT d’Elengy. Le quatrième terminal méthanier de France, opéré à Dunkerque par le groupe belge Fluxys, va également entrer en grève pour 48 heures à compter de mardi matin, a indiqué la direction de ce groupe à l’AFP

Appels à la grève en pagaille dans le domaine de l’industrie

Sept fédérations des Bouches-du-Rhône, dont celles de la pétrochimie, des cheminots et des ports et docks ont par ailleurs annoncé entamer une grève reconductible contre la réforme des retraites, et ce jusqu’au retrait du projet du gouvernement, a annoncé lundi la CGT 13.

Enfin, grande nouveauté dans l’industrie, l’appel à la grève dans l’ensemble de la métallurgie et notamment chez les géants du secteur, cotés au CAC40 : aéronautique, automobile, sidérurgie sont concernées par une grève que le syndicat de branche espère voir reconduite.

Les syndicats CGT de Thales, Valeo, Stellantis, ArcelorMittal, Forvia, Airbus, Safran et Renault ont notamment appelé à la grève. Dans le secteur de l’agroalimentaire, la CGT appelle les grands sucriers français à se mettre à l’arrêt à partir de mardi.

Grève reconductible des éboueurs dans tout le pays

Les éboueurs, qui dépendent notamment de la branche des transports, sont appelés à la grève reconductible ce mardi dans tout le pays par la CGT.

Lundi, ceux de la ville de Paris qui assurent la collecte dans la moitié des arrondissements parisiens (2e, 5e, 6e, 8e, 9e, 12e, 14e, 16e, 17e, et 20e) se sont mis en grève, a confirmé Natacha Pommet, secrétaire générale de la CGT Services Publics. Selon elle, les poubelles n’ont pas été collectées lundi soir dans quatre arrondissements, le 6e, le 14e, le 17e et le 20e.

Un des trois incinérateurs autour de Paris, porte d’Ivry, est bloqué depuis lundi par des agents de la ville, empêchant les déchets d’y être brûlés.

Grève reconductible dans le commerce et la construction

Les fédérations CGT de la construction et du commerce ont rejoint l’appel interprofessionnel de la CGT à la grève reconductible.

La mobilisation s’annonce incertaine dans ces secteurs. Dans le bâtiment, de l’aveu même de son secrétaire fédéral CGT Jean-Pascal François, il est « plus difficile » de mobiliser sur les retraites que sur les salaires.

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