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Grève du 19 mars : seulement 6,4 % de fonctionnaires grévistes à la mi-journée en France

Un drapeau de la CGT flottant sur la place Jean Bart, au milieu d’une visite d’Emmanuel Macron à Dunkerque, le 12 mai 2023.
SAMEER AL-DOUMY / AFP Un drapeau de la CGT flottant sur la place Jean Bart, au milieu d’une visite d’Emmanuel Macron à Dunkerque, le 12 mai 2023.

GRÈVE - C’est une journée de grève à faible mobilisation, alors que l’ampleur de celle-ci était l’un des enjeux de ce mardi 19 mars, à quatre mois de Jeux olympiques et paralympiques durant lesquels la CGT et FO ont déjà promis de déposer des préavis de grève.

Selon le ministère de la Fonction publique, 6,4 % des 2,5 millions d’agents de la fonction publique d’État étaient en grève à la mi-journée. Ce taux de grévistes s’élevait à 2,85 % dans la fonction publique territoriale et à 2,2 % dans la fonction publique hospitalière.

Malgré une rare unité intersyndicale dans l’appel à la mobilisation adressé aux 5,7 millions d’agents publics, c’est moins élevé que lors des manifestations contre la réforme des retraites début 2023, où l’on comptabilisait 15 % à 30 % de grévistes selon les secteurs.

Dans l’Éducation nationale, un des principaux employeurs d’agents publics, 6,77 % des enseignants étaient en grève ce mardi dans le premier degré (maternelle et élémentaire) et 10,65 % dans le second degré (collèges et lycées), selon les chiffres du ministère.

Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, a enregistré 30 % d’enseignants grévistes, avec notamment 53 % de profs en grève dans les collèges et lycées de Seine-Saint-Denis, mobilisés depuis un mois contre la mise en place des groupes en 6e et 5e à la rentrée prochaine, synonyme selon eux de « tri des élèves ».

Sur le terrain, « sur la quinzaine de rassemblements qui avait déjà commencé aux alentours de 14h, la CGT recensait 21 000 manifestants, dont 8 000 à Marseille, 4 000 à Nantes et 3 000 à Lyon », a indiqué à l’AFP Natacha Pommet, secrétaire générale de la FDSP, sur la centaine de rassemblements qu’elle décompte en France.

Cette mobilisation « est la première manif, la manif de reprise, avant la suite », a commenté Mélanie Babin, étudiante de 21 ans présente dans le cortège rennais, où la police a décompté 1 800 participants et les organisateurs 2 800.

Un cortège parisien peu garni

À Paris, aux abords du Jardin du Luxembourg d’où partait le cortège, ils n’étaient pas extrêmement nombreux à être réunis, vers 14h. « Aujourd’hui on ne fait pas le plein de grévistes », a concédé Benoit Teste, secrétaire général de la FSU, mais « on ne sera pas les spectateurs du saccage de la fonction publique ».

Les syndicats réclament de nouvelles augmentations générales, après celles de 3,5 % et 1,5 % consenties en 2022 et 2023. Mais à l’heure où le gouvernement promet 10 milliards d’euros d’économies budgétaires en 2024 et le double en 2025, le ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini refuse de ressortir le chéquier.

Ce fidèle d’Emmanuel Macron met en avant les près de 14 milliards d’euros dépensés depuis 2022 pour soutenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires et propose d’instaurer des négociations salariales annuelles dans la fonction publique, à l’image de ce qui se pratique dans les entreprises.

Quand bien même des négociations salariales annuelles se tiendraient, elles n’aboutiraient à des hausses de salaires qu’en 2025, ce qui ferait de 2024 une « année blanche », s’inquiètent à l’unisson les huit syndicats représentatifs (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP).

Jeudi, la dernière réunion sur les salaires a tourné court : sept syndicats ont claqué la porte pour dénoncer le choix selon eux « hautement partial » des chiffres présentés par le gouvernement. FO a pour sa part refusé d’assister à la réunion, critiquant un diagnostic « orienté » du gouvernement sur l’évolution récente des salaires des fonctionnaires.

Dans un document envoyé aux syndicats avant la réunion, le gouvernement affirme que les rémunérations des agents publics ont progressé plus vite que l’inflation ces dernières années. Mais l’indicateur utilisé pour étayer cette assertion n’est pas le plus pertinent, jugent les syndicats.

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