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En Grèce, plus de 2 000 refoulements de migrants en mer Égée en trois ans

“Ils traversaient vers l’Italie, partis de la côte turque. C’était le 30 octobre 2022 et il y avait à bord 104 femmes, hommes et enfants, la plupart originaires d’Afghanistan.” C’est ainsi que le média indépendant Solomon commence son récit d’un pushback, c’est-à-dire un refoulement d’exilés par les autorités grecques.

Le site d’investigation grec publie les résultats du travail mis à jour par Forensic Architecture, groupe interdisciplinaire qui enquête sur les violations de droits humains, qui a comptabilisé 2 010 refoulements d’embarcations opérés par les gardes-côtes grecs entre mars 2020 et mars 2023.

55 445 personnes concernées

Les gardes-côtes grecs sont accusés de “remorquer des bateaux de réfugiés vers les eaux turques ou de les abandonner sur des radeaux flottants”, décrit Solomon.

Ces refoulements, illégaux et contraires au droit d’asile, sont niés par le gouvernement grec. Ils concernent 55 445 personnes, selon le décompte de Forensic Architecture. “Selon la plateforme, lors des refoulements enregistrés, 24 personnes ont perdu la vie et 17 autres sont toujours portées disparues”, rapporte Solomon.

Le travail de recensement s’appuie notamment sur les enquêtes journalistiques et les rapports d’organisations humanitaires.

Naufrages

“Dans au moins 26 cas, les bateaux de réfugiés semblent se trouver au fond des eaux grecques – au large de Kalamata, de Cythère ou même dans la mer Ionienne”, détaille Solomon.

En juin dernier, le naufrage d’une embarcation au large des côtes du Peloponnèse avait provoqué la disparition de plus de 600 personnes. Le rôle des gardes-côtes est depuis pointé du doigt par les familles des victimes et les associations de droits humains.

Souvent, “les personnes à bord seront identifiées lors de leur récupération par les garde-côtes turcs, à des centaines de kilomètres de là, dans les jours suivants”, ajoute le média grec.

Sujet européen

“Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, serait directement impliquée dans 122 refoulements et aurait connaissance de 417 autres”, ajoute Solomon. Les critiques à l’égard de l’agence européenne avaient poussé son directeur, Fabrice Leggeri, à démissionner.

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