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"De grâce": Panayotis Pascot héros d'une série dans le milieu des dockers du Havre

Entre tragédie grecque et thriller, la série De grâce, sur arte.tv à partir de mercredi, explore les déchirures d'une famille dans le milieu des dockers du Havre, sur fond de violences et de trafic de drogue.

L'histoire démarre avec le 60e anniversaire de Pierre Leprieur (Olivier Gourmet), docker respecté qui a fait de la lutte contre l'infiltration du port par des réseaux criminels un combat. Sa vie bascule lorsqu'il apprend que deux de ses fils sont impliqués dans une affaire de cocaïne.

Pendant six épisodes de 50 minutes, on suit les destinées de ses deux fils, Jean (Pierre Lottin) et Simon (Panayotis Pascot), ainsi que celle de sa fille Emma (Margot Bancilhon, prix de la meilleure actrice à Séries Mania 2023), avocate, qui prend la défense de ses frères. Culpabilité, fatalité, personnages en perdition, mais aussi rédemption, rythment cette fresque dramatique.

Malédiction d'une ville portuaire

"Le port commercial s'offrait comme un décor particulièrement puissant, montrant la fragilité des êtres humains face à une mondialisation matérialisée par ces milliers de boîtes standardisées que sont les conteneurs", affirme le réalisateur Vincent Maël Cardona (César du meilleur premier film pour Les Magnétiques en 2021), dans le dossier de présentation.

Pour autant, il dit avoir voulu "styliser l'approche" et faire de la série "une tragédie, pas un polar réaliste sur le trafic de drogue chez les dockers".

La ville normande, c'est aussi "la malédiction d'une ville portuaire qui restera une ville ouvrière, détruite, reconstruite, martyre". "C'était pour nous une ville arène extraordinaire", a renchéri Pierre-Emmanuel Fleurantin, l'un des producteurs, lors d'une conférence de presse.

Premier rôle dramatique pour Panayotis Pascot

"C'est la première fois que je faisais un rôle dramatique surtout de cet acabit", a déclaré Panayotis Pascot, connu dans le passé pour ses interventions dans le registre de l'humour et qui incarne ici "un faux petit con hyper sensible, qui essaie d'être coriace".

Ironie de l'histoire du tournage: l'équipe n'a pas eu accès au port pour les scènes s'y déroulant et ces dernières ont dû être filmées à Anvers, en Belgique. "Un docker a été tué en 2020" au Havre, a expliqué Baptiste Fillon, co-scénariste avec Maxime Crupaux. La profession est "clairement sous l'énorme pression de la police et des trafiquants", a-t-il ajouté, précisant avoir voulu "rendre hommage à (cette) corporation".

Cette série sort au moment où l'Union européenne vient de lancer à Anvers, principal point d'entrée de la cocaïne sur le continent, une "Alliance des ports" pour harmoniser leurs mesures de sécurité contre le trafic de drogue.

Article original publié sur BFMTV.com