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GPA : elle est poursuivie en justice pour avoir été mère porteuse à deux reprises

Une femme originaire d'Amiens encourt trois ans de prison et 45.000 euros d'amende pour avoir porté deux enfants qui n'étaient pas les siens. Elle assure que sa démarche était purement altruiste.

Elle jure qu'elle voulait simplement aider des couples. Myriam (prénom modifié à sa demande), originaire d'Amiens, est poursuivie par le tribunal de Laon, dans l'Aisne, après avoir été mère porteuse à deux reprises. Elle doit être jugée dans l'année.

La gestation pour autrui (GPA) étant interdite en France, la mère porteuse, ainsi que les couples, sont poursuivis en justice. Myriam assure cependant à BFMTV que ses motivations n'étaient pas financières.

Une grossesse contre 15.000 euros

La prise de contact débute il y a quelques années. Myriam voit sur un site Internet l'annonce d'un couple qui exprime sa douleur de ne pas pouvoir avoir d'enfant.

On parle, on sympathise. S'en est suivie la grande aventure", raconte-t-elle à BFMTV, en référence à sa première grossesse.

Myriam s'entend avec le couple pour porter leur enfant en échange de 15.000 euros.

"On y allait comme un couple"

La GPA étant interdite, le couple de futurs parents et Myriam décident de cacher leur situation aux médecins. Par souci de discrétion, la mère porteuse se rend à chaque rendez-vous médical en se faisant passer pour l'autre femme.

Avec son mari, on y allait comme un couple, comme si j'étais elle. Ils m'enregistraient, j'avais appris son nom de famille par cœur", explique-t-elle.

La grossesse se passe bien et une petite fille naît en 2016, sans que l'équipe médicale ne se rende compte qu'il s'agit d'une GPA.

Le subterfuge découvert après une prise de sang

Myriam décide ensuite de retenter l'aventure avec un autre couple en suivant le même procédé. Mais cette fois, les médecins comprennent après une prise de sang que Myriam et la mère biologique de l'enfant qu'elle porte sont deux personnes différentes.

"On n'a pas le même groupe sanguin. (...) Ils se sont aperçus que je n'étais pas elle", explique-t-elle.

Elle décide donc de révéler la vérité aux médecins. Ce second enfant naît en 2017.

Une enquête est ensuite ouverte et menée par le juge d'instruction de Laon dans l'Aisne. En plus de la mère porteuse, les couples sont poursuivis pour dissimulation d'enfant et provocation à l'abandon.

"Lever le voile sur un tabou"

Myriam assure aujourd'hui ne pas regretter ces grossesses et affirme que sa démarche n'était pas motivée par des questions financières. Son seul souhait: aider des couples en difficultés à créer une famille.

"Cette affaire permet de lever le voile sur peut-être un tabou: la gestation pour autrui", estime son avocat Cyrille Bouchaillou.

Myriam doit être jugée dans le courant de l'année. Elle encourt trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

Article original publié sur BFMTV.com

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