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Comment le gouvernement veut lutter contre les discriminations « dès le plus jeune âge »

Comment le gouvernement veut lutter contre les discriminations « dès le plus jeune age » (Photo d’illustration :  Élisabeth Borne à l’Assemblée nationale le 19 octobre.)
EMMANUEL DUNAND / AFP Comment le gouvernement veut lutter contre les discriminations « dès le plus jeune age » (Photo d’illustration : Élisabeth Borne à l’Assemblée nationale le 19 octobre.)

POLITIQUE - Voilà le plan. Accompagnée de dix ministres, Élisabeth Borne a présenté, ce lundi 30 janvier, la nouvelle stratégie du gouvernement pour lutter contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine. Au programme : 80 points pour « mieux mesurer » ces phénomènes, « mieux éduquer et former », « mieux sanctionner » les auteurs et « mieux accompagner les victimes ».

Le gouvernement a notamment annoncé la création de peines aggravées en cas « d’infractions à caractère raciste ou antisémite » commises par « des personnes dépositaires de l’autorité publique », la généralisation des « testings sur les discriminations à l’emploi » dans différents secteurs (une pratique qui consiste à envoyer pour la même offre deux CV identiques avec comme uniques différences notamment l’origine du candidat) ou encore une meilleure formation des enseignants ou des agents de la fonction publique.

Parmi ces mesures variées, plusieurs s’adressent à la jeunesse. Car « c’est bien dès le plus jeune âge que la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations se joue », selon les mots d’Élisabeth Borne lors de son discours d’introduction. « C’est dès l’enfance que les stéréotypes peuvent s’installer. C’est dans notre jeunesse que certaines théories du complot foisonnent », a-t-elle insisté.

Visite mémorielle obligatoire, pass culture étendu

Chaque élève devra ainsi, durant sa scolarité, participer à la « visite d’un lieu historique ou mémoriel en lien avec le racisme, l’antisémitisme ou l’antitsiganisme ». « C’est une décision forte. C’est en faisant savoir que l’on empêche l’Histoire de bégayer », a fait valoir Élisabeth Borne, dont le père, de confession juive, a été déporté, puis a mis fin à ses jours quand sa fille avait 11 ans. « Pour changer les mentalités, il faut voir et se rendre compte par soi-même. »

Ce genre de visites « permet de sensibiliser les jeunes à ces questions », a confirmé le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye quelques minutes plus tard, « de les faire réfléchir sur ces constructions historiques et de comprendre comment fonctionnent les mécanismes de construction de la haine de l’autre et d’établir des continuités ente le passé et le présent. »

Dans cette même logique mémorielle et historique, la Première ministre a également promis l’extension du pass culture « à tous les lieux de mémoire », en annonçant la mise en place d’un « catalogue d’expositions et de spectacles vivants sous l’angle de la lutte » contre les discriminations.

Au total, les ministres ont présenté 80 mesures qui touchent différents secteurs, allant de l’éducation, donc, à l’emploi en passant par la justice ou le sport. Parmi les décisions phares, on peut également noter la création d’un musée à la mémoire des gens du voyage internés pendant la Seconde Guerre mondiale, sur le site de l’ancien camp de concentration de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire.

Ce plan, qui fera l’objet d’un suivi semestriel, fait suite à une vaste concertation. Sur le plan budgétaire, chaque ministère concerné a pris des engagements mais l’enveloppe globale n’a pas été communiquée. Une autre stratégie contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle devrait être présentée en juin.

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