Le gouvernement canadien sous l’influence de la société McKinsey ?

PHOTO CHARLES PLATIAU/REUTERS

Après Paris, c’est au tour d’Ottawa d’être en proie à une affaire dénonçant l’influence du cabinet McKinsey. Selon “Radio-Canada”, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau se fait de plus en plus généreux envers cette firme controversée. Des voix s’élèvent pour demander une enquête publique.

“Le recours par le gouvernement fédéral à la firme McKinsey est monté en flèche depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau.” C’est ce que révèle le site de Radio-Canada, qui précise que l’influence de cette entreprise décriée dans plusieurs pays, dont la France”, est critiquée au sein même de la fonction publique canadienne.

Des données rassemblées par le diffuseur montrent que le gouvernement Trudeau a octroyé à McKinsey des contrats équivalant à quelque 46 millions d’euros en sept années au pouvoir. Ceux-ci ont parfois été “donnés de gré à gré, sans appel d’offres”. Radio-Canada ajoute que ces données ne sont pas exhaustives.

Pour l’instant, la firme a refusé de répondre aux questions sur ses ententes avec le gouvernement, tandis qu’Ottawa a refusé de partager avec ce média les rapports effectués par McKinsey pour son compte.

L’analyse des contrats accordés à McKinsey montre que c’est le ministère de l’Immigration, au cœur de la stratégie actuelle d’emploi au pays, qui a eu le plus recours à la firme.

Le diffuseur affirme que l’influence du cabinet de conseil sur les politiques de ce ministère “n’a cessé de grandir au cours des dernières années, sans que le public en ait conscience”.

“Ces firmes oublient l’intérêt général”

Le média établi à Montréal indique que la nouvelle politique d’immigration – qui prévoit d’accueillir chaque année un demi-million de nouveaux résidents permanents d’ici à 2025 pour mettre l’accent sur la croissance économique – ressemble fortement aux conclusions d’un rapport de 2016 d’un comité consultatif formé par le gouvernement et dirigé par l’ancien grand patron de McKinsey Dominic Barton. Ce dernier a été par la suite ambassadeur du Canada en Chine.

Une autre source liée au ministère assure que l’arrivée de McKinsey au sein du ministère était une idée du gouvernement, et que cela occasionne de l’instabilité dans les opérations :

“Ces gens, ces firmes oublient l’intérêt général, ça ne les intéresse pas. Ils n’ont pas d’imputabilité.”

“Gouvernement dans l’ombre”

Lire la suite sur Courrier international

VIDÉO - France : perquisitions aux sièges parisiens de McKinsey et du parti Renaissance

Sur le même sujet :