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Le gouvernement accuse Jordan Bardella de faire preuve d'une "mélancolie" de la peine de mort

Le gouvernement monte au créneau. Alors que le président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé ce jeudi matin sur BFMTV-RMC que "l'échelle des peines s'est effondrée depuis la suppression de la peine de mort" en France, tout en précisant être contre son rétablissement, plusieurs membres du gouvernement l'ont accusé de faire preuve d'une certaine "mélancolie".

"L'État de droit est devenu celui des délinquants et des criminels. L'échelle des peines s'est effondrée dans notre pays depuis la suppression de la peine de mort dans notre droit", a jugé Jordan Bardella, alors qu'il réagissait à la découverte du corps d'une petite fille de cinq ans dans les Vosges et au placement en garde à vue d'un adolescent de 15 ans déjà mis en examen pour des faits de viol et d'agression sexuelle sur mineurs.

Le président du RN a tout de même insisté sur le fait que "non", il ne regrette pas la peine de mort. Il a défendu "la perpétuité réelle" face à une justice française "trop laxiste".

"Qu'elle est dure à masquer, cette mélancolie"

Mais cette sortie de l'eurodéputé a fait vivement réagir le gouvernement. À commencer par Olivier Véran, qui voit "une mélancolie de la pendaison et de l'injection létale" dans les propos de Jordan Bardella.

"Qu'elle est dure à masquer, cette mélancolie de la pendaison et de l'injection létale. La normalisation de l'extrême droite n'est qu'un leurre. Ne soyez pas dupes, ils n'ont pas changé" a écrit le porte-parole du gouvernement sur Twitter.

"Jordan Bardella a la nostalgie honteuse"

Même réaction du côté d'Éric Dupond-Moretti qui discerne une "nostalgie honteuse" chez Jordan Bardella.

"Au moins jadis, le Front national avançait à visage découvert sur le rétablissement de la peine de mort. Avec ses propos, Jordan Bardella a la nostalgie honteuse. Qu'il assume! Le parti de la guillotine est de retour", a fustigé le ministre de la Justice.

Une réaction à laquelle a surenchéri Jordan Bardella, rappelant qu'il défend "la perpétuité réelle et non la peine de mort", et accusant Eric Dupond-Moretti d'être "l'artisan du laxisme judiciaire".

Clément Beaune a lui aussi déploré les propos du chef du RN, jugeant que "dès qu'on gratte, le vernis tombe". "L'extrême droite se travestit, elle ne change jamais", a-t-il ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com