Aux Golden Globes, Jennifer Coolidge et Michelle Yeoh ont souligné le sexisme et l’âgisme d’Hollywood

Jennifer Coolidge et Michelle Yeoh aux Golden Globes 2023.
Canal+ Jennifer Coolidge et Michelle Yeoh aux Golden Globes 2023.

HOLLYWOOD - Comme on pouvait s’y attendre, Jennifer Coolidge s’est retrouvée sous le feu des projecteurs de la 80e édition des Golden Globes à Los Angeles, à la fois en remettant un prix et en remportant son propre trophée, pour son rôle dans la série de HBO « The White Lotus ». Dans son discours, elle a levé le voile sur l’envers du décor pour tous ces acteurs et actrices qui enchaînent toute leur vie les petits rôles sans avoir leur moment de gloire et de reconnaissance.

« Plusieurs personnes présentes ici dans cette salle ont fait en sorte que je continue d’avancer alors que j’enchaînais les petits boulots et les petits rôles, a tout d’abord remercié l’actrice de 61 ans. Je ne connaissais personne et j’avais l’impression de ne pas avancer. Des personnes me donnaient de petits rôles et ça me permettait de continuer. »

« Un nouveau départ »

« J’avais des rêves, j’avais beaucoup d’attentes quand j’étais jeune, mais tout cela a été un peu érodé par la vie, je pensais que je serais la Reine de Monaco, par exemple, même si quelqu’un d’autre l’a fait, a-t-elle plaisanté à moitié. J’ai eu des idées formidables et à mesure que je vieillissais, je me suis rendu compte qu’elles ne se concrétiseraient pas. »

Dans son discours à la fois émouvant et hilarant, l’actrice de « La Revanche d’une blonde » a particulièrement remercié le créateur de « The White Lotus », Mike White, qui lui a « donné de l’espoir » en lui offrant le désormais légendaire rôle de Tanya McQuoid. « Tu m’as donné un nouveau départ. Même si c’est la fin, parce que tu m’as tuée, mais ça n’a pas d’importance. Même si c’est la fin, tu as changé ma vie de millions de façons différentes », a-t-elle déclaré.

« Je n’ai jamais été invitée à une seule fête par mes voisins, et maintenant tout le monde m’invite », a-t-elle ajouté avec humour. Vers la fin de son hommage, elle a ajouté : « Je veux juste dire, Mike White… Je t’aime à mort ! ».

Racisme et âgisme envers les femmes

Élue meilleure actrice dans une comédie pour son rôle dans « Everything Everywhere All At Once », Michelle Yeoh n’a pas caché son émotion lors de son discours de remerciements. Et n’a pas mâché ses mots non plus envers la dureté de l’industrie hollywoodienne, en particulier envers les femmes.

« Quarante ans. Quarante ans sans rien lâcher, a-t-elle démarré son discours, en larmes. Je me rappelle lorsque je suis arrivée à Hollywood la première fois, c’était un rêve devenu réalité, le fait même d’arriver ici. Et regardez mon visage : je suis arrivée et on m’a dit : ‘Vous êtes une minorité’ et je me suis dit : ‘Non, ce n’est pas possible’. Et puis quelqu’un m’a dit : ‘Vous… Parlez… anglais’ - oubliez qu’ils ne connaissent pas la Corée, le Japon, la Malaisie, l’Asie, l’Inde. Alors j’ai répondu : ‘Oui, le vol jusqu’ici a duré environ 13 heures, alors j’ai appris’. »

Après le racisme, elle a souligné l’âgisme de Hollywood, en évoquant son soixantième anniversaire l’année dernière et en s’adressant aux actrices de l’assistance. « Je pense que vous toutes, les femmes, comprenez cela - à mesure que les jours, les années et les chiffres augmentent, il semble que les opportunités commencent à diminuer également », a-t-elle rappelé.

« Je peux vous déglinguer, c’est sérieux »

« C’est probablement à un moment où je m’étais résignée en me disant : ‘Allez, ma fille, tu as eu un très bon parcours. Tu as travaillé avec certaines des meilleures personnes - Steven Spielberg, Danny Boyle - alors c’est bon, tout va bien’, qu’est arrivé le plus beau des cadeaux, ‘Everything Everywhere All At Once’ », s’est-elle réjouie.

Dans le long-métrage de Daniel Scheinert et Daniel Kwan, sorti à l’été 2022 dans les salles françaises, l’actrice malaisienne joue Evely Wang, une femme à bout qui ne comprend plus sa famille, son travail et croule sous les impôts… Et qui soudain, se retrouve plongée dans le multivers, des mondes parallèles où elle explore toutes les vies qu’elle aurait pu mener.

Alors que son discours avait dépassé la longueur réglementaire de la cérémonie, une petite musique a démarré pour la pousser gentiment hors de la scène. Sa réaction a alors scotché l’assistance. « Taisez-vous, s’il vous plaît », a-t-elle lancé goguenarde, en rappelant les nombreuses scènes de combat qui jalonnent le film. « Je peux vous déglinguer, c’est sérieux. »

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