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Gilles Paris, l'ancien attaché de presse français de Salman Rushdie raconte son amitié avec l'écrivain

© Collection privée

C’est en 1995 que je rencontre ­Salman Rushdie. À 36 ans, je dirige le service de presse des éditions Plon qui s’apprêtent à publier son cinquième livre, Le Dernier Soupir du Maure, retraçant l’histoire à Cochin et à Bombay de quatre générations de la famille du narrateur, Moraes Zogoiby dit « Le Maure ». Cet épais roman paraît sept ans après Les Versets sataniques. Je passe plus de temps Place Beauvau à préparer sa venue qu’au bureau. Une enquête sur le terreau islamiste français ne nous laisse guère de choix quant à l’ampleur de sa protection. Six voitures, dont une blindée dans laquelle je serai seul à l’accompagner, et deux motos qui ouvrent le cortège. Un vigile se tient à la porte d’entrée du 76 rue Bonaparte – adresse de l’éditeur – et vérifie l’identité de chaque visiteur.

Le jour de son arrivée, nous allons l’accueillir à l’aéroport, son éditeur Ivan Nabokov et Sylvie Audoly, son adjointe, et moi. Nous traversons la piste dans un fourgon de police qui s’arrête aux pieds de l’avion d’où descend, seul, Salman Rushdie. À peine a-t-il franchi la dernière marche que les policiers l’escortent jusqu’au fourgon. À Paris, j’ai choisi un hôtel tranquille rue des Beaux-Arts, avec une seule entrée. Il occupera une suite donnant sur une vaste terrasse. J’ai apporté une petite chaîne, quelques CD de U2 (deux ans plus tôt, il a rejoint Bono sur scène à Londres) et de pop anglaise. Les journées sont chargées d’entretiens. L’homme est extrêmement courtois, il accepte tout le progra...


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