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Ghali, le rappeur italo-tunisien icône d’une génération

“Génération Ghali”, titre en une Il Venerdì di Repubblica. L’hebdomadaire met ainsi à l’honneur Ghali Amdouni, rappeur italo-tunisien et l’un des candidats cette année au titre de la meilleure chanson au festival de Sanremo, grand-messe de la musique italienne qui prend fin ce 10 février. À 30 ans, c’est “un artiste avec beaucoup d’expérience”, très engagé et “l’un des rappeurs les plus suivis de la scène musicale italienne”.

“C’est la bonne année, c’est le bon moment” pour participer au festival de Sanremo, dans le nord-ouest de l’Italie, affirme au journal l’artiste qui a présenté sur scène ce 6 février sa chanson Casa mia (“Chez moi”). Né en 1993 de parents tunisiens à Milan, Ghali a grandi dans des quartiers populaires comme celui de Giambellino.

Raconter la vie des quartiers

En l’absence de son père, souvent emprisonné, c’est sa mère qui l’a élevé. Une mère dont il parle souvent dans ses chansons. “Comme dans l’histoire de Mahmood [le rappeur italo-égyptien victorieux à Sanremo en 2019 et 2022] et dans celle du rappeur Fedez, la mère est une figure très présente : elle compte énormément, elle protège, elle influence, elle collabore”, écrit le journal.

Passionné par l’écriture depuis l’enfance, Ghali se dirige vers la musique, avec un premier album sorti en 2017, et plus particulièrement vers la trap. Un genre qu’il considère comme la pop de cette époque et qui “parle sans détour de ce qu’on vit. La trap raconte la vraie vie, ce qui se passe dans la rue”.

Un engagement affirmé

Le chanteur incarne aussi cette Italie devenue terre d’immigration et veut créer des ponts entre les deux rives de la Méditerranée. Son enfance passée dans les quartiers populaires lui a fait “comprendre beaucoup de choses. Au quartier, tout le monde est pareil, les étrangers, les Italiens, tout le monde a les mêmes problèmes, tout le monde veut s’échapper, changer de vie. Quelle que soit ta religion ou ton origine, ton quartier, c’est ton école”, confie-t-il.

Une école qui l’a conduit à devenir un artiste engagé et à lever des fonds, en 2022, pour financer un bateau de sauvetage en Méditerranée, alors que l’Italie mène une politique anti-immigration très dure, encore exacerbée par l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, en septembre 2022. Et l’artiste d’expliquer son positionnement au Venerdì : “Quand je traverse des moments difficiles, je pense à eux, à ceux qui s’aventurent sur l’eau dans l’obscurité, à ceux qui se jettent dans l’eau pour les sauver.”

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