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Gaza : des avions français et jordaniens larguent de l'aide humanitaire alors que la famine menace

Cette aide comprend 2,2 tonnes de colis alimentaires et des kits d'hygiène. En janvier dernier, les deux pays avaient déjà procédé à une livraison similaire.

La famine menace Gaza. Lundi 26 février, l'armée jordanienne a déclaré avoir effectué une série de largages d'aide humanitaire, de nourriture et d'autres fournitures "directement à la population" palestinienne de la bande de Gaza assiégée, avec l'aide d'un avion C130 de l'armée française.

"L’aide apportée par les aéronefs français consistait en 2,2 tonnes de colis alimentaires et de kits d’hygiène largués dans des conteneurs spécifiques équipés de parachutes", indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères français.

L'opération a eu pour but "d'acheminer l'aide directement à la population et à la larguer le long de la côte de la bande de Gaza, du nord au sud", précise l'armée jordanienne dans son propre communiqué.

Des colis à la mer

Plusieurs des colis largués ce lundi ont terminé dans la mer, forçant des Gazaouis présents sur les plages de l'enclave dans l'attente de cette aide à utiliser des embarcations afin de récupérer les aides tombées à l'eau.

Ces erreurs peuvent s'expliquer par la rapidité avec laquelle l'opération a du se tenir. "Les avions français utilisent la technologie du CDS, Container Delivery System. Les colis ne sont pas lancés au hasard, il y a un outil GPS", rappelle Patrick Sauce, éditorialiste politique internationale de BFMTV.

Or, "parfois, à cause des conditions atmosphériques et de la difficulté du terrain, ça tombe ailleurs, en mer", ajoute-t-il. Si Israël a donné son feu vert à cette opération aérienne, "ce n'est pas le cas du Hamas."

Paris et Amman avaient déjà procédé à une première opération conjointe en janvier. Au total, la Jordanie a mené seize opérations de largage d'aides humanitaire et médicale depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza le 7 octobre, aides destinées notamment à un hôpital de campagne jordanien dans le nord du territoire palestinien.

Situation désespérée et risque de famine

La situation humanitaire ne cesse d'empirer dans la bande de Gaza faute d'approvisionnements suffisants en eau et nourriture.

La France rappelle souligne dans son communiqué "le besoin urgent et impératif d'ouvrir le port d'Ashdod (en Israël, NDLR), tous les points de passage et un couloir terrestre depuis la Jordanie, qui pourrait devenir un pôle complémentaire efficace pour Gaza", afin d'y permettre la livraison "massive" d'aide humanitaire, "alors qu'un nombre croissant de civils meurent de faim et de maladies".

Sur place, la population vit dans un dénuement croissant, et peine à trouver de quoi manger.

"J’ai un bébé d’une semaine, un garçon d’un an et une fille de trois ans. Nous ne savons pas quoi donner à notre petit dernier car il n’y a pas d’alternative pour remplacer le lait. Pour ma fille, je donne de l’amidon mélangé à de l’eau en guise de lait", explique un habitant de Jabaliya, au nord de l'enclave.

Dans la ville de Gaza, la situation est également désespérée. "On n'a rien, pas de nourriture, pas d’eau, on n’est même plus effrayés par la guerre ou quoi que ce soit, on veut juste de la nourriture et de l’eau", ajoute un local.

Selon l'ONU, l'immense majorité de la population de 2,2 millions de personnes est menacée d'une "famine de masse". L'aide internationale entre au compte-gouttes depuis l'Égypte, soumise au feu vert d'Israël, et son acheminement vers le nord-est est presque impossible en raison des destructions et des combats.

Lundi soir, le président américain Joe Biden a affirmé qu'Israël cesserait ses "opérations" militaires contre le Hamas dans la bande de Gaza lors du ramadan, dans le cadre d'une trêve en cours de négociation.

Article original publié sur BFMTV.com

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