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Gambie: le Parlement examine un texte légalisant l'excision, l'ONU appelle à "rapidement" le retirer

L'ONU a appelé ce mercredi 6 mars les élus de Gambie à "rapidement retirer" un projet de loi levant l'interdiction des mutilations génitales féminines, qui sont "une violation odieuse des droits humains".

"Nous sommes alarmés par le dépôt d'un projet de loi au parlement gambien visant à abroger la loi modifiant la loi sur les femmes de 2015 qui interdit les mutilations génitales féminines", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies, interrogé par l'AFP.

"Les mutilations génitales féminines constituent une violation odieuse des droits humains et causent des préjudices physiques et mentaux permanents aux femmes et aux filles", a-t-il souligné.

Une "pratique néfaste"

Pour le Haut-Commissariat, "il est crucial que la Gambie maintienne les acquis réalisés pour lutter contre cette pratique néfaste et continue de promouvoir une société qui protège les droits et la dignité de tous, en particulier des femmes et des filles".

L'Assemblée nationale de Gambie a commencé lundi l'examen du texte de loi dénoncé par l'ONU. Une seconde lecture du texte est prévue le 18 mars et ses perspectives d'adoption et d'application sont incertaines.

L'éventualité d'un retour à la légalisation des mutilations génitales féminines (dont l'excision) divise l'opinion gambienne depuis des mois, entre les tenants de la tradition et de nombreuses organisations de la société civile qui pressent au contraire le gouvernement de rester ferme.

L'Unicef indiquait dans un rapport en 2021 que 76% des Gambiennes de 15 à 49 ans avaient subi des mutilations génitales et 75% des Gambiennes de 15 à 19 ans.

Article original publié sur BFMTV.com