Pour Gabriel Attal, le port de l'uniforme est un "vrai débat"

Gabriel Attal le 12 janvier 2023 sur BFMTV-RMC  - BFMTV
Gabriel Attal le 12 janvier 2023 sur BFMTV-RMC - BFMTV

Faut-il imposer l'uniforme dans les établissements scolaires ? Invité de BFMTV-RMC ce jeudi, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal estime qu'il s'agit d'un "vrai débat". "J'ai mis en place le service universel et j'ai décidé qu'il y aurait un uniforme", rappelle l'ancien secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse.

Gabriel Attal se dit favorable à une "expérimentation". "C'est toujours positif d'essayer des choses", appuie-t-il.

"Si le fait de proposer un uniforme aux élèves, ça rentre bien dans un projet pédagogique, c’est lié à nos valeurs républicaines, alors il faut laisser la possibilité de le faire", estime de son côté sur CNews Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publique. Seulement, "rien n'empêche aujourd'hui tel établissement d'imposer une tenue scolaire, y compris dans le public", rappelait le ministre de l'Education Pap Ndiaye en décembre dernier sur France Info.

Le RN présente une proposition de loi pour rendre l'uniforme obligatoire dans les écoles et collèges publics

Il soulignait que "les questions de laïcité ne relèvent pas seulement des tenues religieuses" car elles "n'empêchent pas les accessoires", ni de "contourner la loi de 2004" qui garantit le respect du principe de laïcité dans les écoles, collèges et lycées publics, jugeait-il.

Le sujet revient sur la scène ce jeudi à l'occasion de la niche parlementaire du Rassemblement national. Les parlementaires du parti d'extrême droite ont la main sur l'ordre du jour et peuvent présenter plusieurs propositions de loi. Dans leur besace, un texte visant à "rendre obligatoire sur le temps scolaire le port d’une tenue uniforme dans les écoles et collèges publics".

Au sein de la majorité, les députés ne sont pas tous du même avis. Comme l'avait révélé Le Figaro, certains, dont par exemple sept députés souhaitaient soumettre à leur groupe une proposition de loi pour instaurer une "tenue scolaire commune". Il s'agissait alors de favoriser l'"égalité" et de lutter ainsi contre le "harcèlement scolaire".

Les boucles de la majorité restent "silencieuses"

Preuve que le sujet ne fait pas consensus dans le camp présidentiel, la députée Renaissance Olga Givernet avait réagi par une tribune dans le JDD pour déplorer le retour du débat sur l'uniforme à l'école. Pour l'instant, un groupe de travail planche sur le sujet, sans qu'un texte ne soit officiellement présenté.

Le fait que l'extrême droite se soit emparé du sujet a calmé certaines ardeurs. "Alors que ce débat avait agité nos boucles, elles sont restées très silencieuses depuis qu’on sait qu'un texte est porté par le RN", témoigne une députée de la majorité auprès de BFMTV.com. Ce jeudi après-midi, les députés du camp présidentiel favorables à "une tenue scolaire commune" devraient donc voter contre la proposition de loi du Rassemblement national, selon elle.

Reste que Brigitte Macron a mis le feu aux poudres ce mercredi soir. Lors d'un entretien avec les lecteurs du Parisien, elle a déclaré qu'elle était "pour le port de l'uniforme". Ce jeudi matin, différents responsables du RN ont salué cette prise de position. Et, pour certains, invité l'épouse du président à aller plus loin.

"Ce que je souhaiterais, c’est que la première dame puisse inciter les parlementaires de la majorité d’Emmanuel Macron à voter ce texte", a par exemple glissé Jordan Bardella, président du RN, sur LCI.

Au micro de RFI, le député Laurent Jacobelli, tout en soulignant que "Madame Macron n'est pas élu parlementaire", a vu en cette intervention la preuve que la "question de la tenue, de l’uniforme à l’école, traverse tous les courants politiques parce que c’est du bon sens".

Article original publié sur BFMTV.com