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Gérard Miller visé par de nouvelles accusations d’agressions sexuelles et comportements inappropriés

Gérard Miller, ici en 2018 dans « On n’est pas couché » sur France 2.
Capture écran Youtube ONPC Gérard Miller, ici en 2018 dans « On n’est pas couché » sur France 2.

VIOLENCES SEXUELLES - L’affaire autour de Gérard Miller prend une nouvelle ampleur. Ce mardi 6 février, Mediapart a révélé dans une longue enquête dix nouveaux témoignages accusant le psychanalyste et réalisateur de comportements inappropriés ou de faits susceptibles d’être qualifiés d’agressions sexuelles.

Ces nouveaux témoignages s’ajoutent aux trois récits publiés par le magazine ELLE à la fin du mois de janvier, dénonçant un viol et deux agressions sexuelles.

D’après Mediapart, le rituel décrit par l’ensemble des femmes interrogées présente des similitudes et couvre une période de plus de vingt ans (entre 1995 et 2016). À chaque fois, Gérard Miller les aurait invitées chez lui sous couvert d’« expériences d’hypnose » ou de « détente ». Cela se serait souvent produit après les avoir abordées dans le public des émissions de Laurent Ruquier et Michel Drucker pour lesquels il était chroniqueur.

De très jeunes femmes, parmi les témoignages

Trois d’entre elles disent avoir été agressées sexuellement par le psychanalyste à son domicile. L’une d’elles explique avoir fait part de son intention de déposer plainte auprès du parquet de Paris pour des faits qui se seraient déroulés en 1995. Contacté par Le HuffPost, le parquet n’a pas encore confirmé avoir reçu la plainte, à l’heure où nous écrivons ces lignes.

La jeune femme, qui a rencontré Gérard Miller lors de son cours intitulé « La vie sexuelle » à l’université de Paris VIII, avait 21 ans. Lui, 47. Dans son signalement, elle se souvient « se trouver dans son lit avec lui au-dessus [d’elle], le sexe en érection avec un préservatif, en train de se branler », après avoir bu beaucoup d’alcool.

D’autres expliquent s’être précipitamment enfuies de chez l’ex-chroniqueur télé après s’être senties en danger. Parmi lesquelles, trois mineures. C’est le cas, par exemple, de Nathalie et Scarlett, alors âgées de 16 et 17 ans, au moment des faits.

Elles racontent avoir été approchées par Gérard Miller entre deux prises sur le tournage d’On a tout essayé, en 2003, avant qu’ils les invitent chez lui. Là, sur son canapé, il se serait assis entre elles et aurait posé sa main sur l’épaule d’une d’elles. Les deux amies se seraient levées pour ensuite quitter les lieux. « Ce qui nous a sauvées, c’est notre amitié, et aussi d’avoir renoncé à être polies », explique Scarlett à Mediapart.

Gérard Miller dit n’avoir jamais « contraint personne »

Alors que deux anciennes étudiantes de Gérard Miller parlent, elles, d’une forme d’emprise, celui-ci ne conteste pas avoir rencontré ces femmes, mais dit ne pas se reconnaître dans ces récits et n’avoir jamais « contraint personne ».

Et même s’il dément tout « forçage ou négation de l’autre », il reconnaît qu’il y a « objectivement des conditions qui peuvent inhiber la parole d’une femme, à plus forte raison quand elle est, par rapport à un homme, dans une grande dissymétrie d’âge, de profession, de notoriété ou d’expérience ».

Ces nouvelles accusations interviennent alors qu’une interview du cinéaste Benoît Jacquot menée en 2011 par Gérard Miller pour les besoins d’un documentaire est remontée à la surface récemment. Le cinéaste y évoquait ses relations avec de jeunes actrices dont Judith Godrèche alors mineure, devant un Gérard Miller conciliant.

Gérard Miller a dû s’en justifier : « Aujourd’hui, je ne pourrais plus imaginer le même film, parce que nous ne sommes plus dans cet aveuglement collectif, il faut bien mesurer ce qui a changé, sinon on oublie ce qui a été révolutionnaire dans #MeToo », a-t-il notamment déclaré à France 5, au début du mois de janvier.

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