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Gérard Miller, accusé de violences sexuelles, nie mais reconnaît des « rapports inégalitaires »

Gérard Miller ici en 2018 dans On n’est pas couché sur France 2.
Capture écran Youtube ONPC Gérard Miller ici en 2018 dans On n’est pas couché sur France 2.

VIOLENCES SEXUELLES - Quelques heures après la parution d’un article le mettant en cause, il s’explique. Le psychanalyste Gérard Miller, accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, a affirmé dans un communiqué obtenu par BFMTV ce mercredi 31 janvier qu’« il n’y a jamais eu quoique ce soit qu’on puisse qualifier d’agression sexuelle ou, pire, de viol ».

Gérard Miller accusé d’agressions sexuelles et d’un viol par plusieurs femmes, le psychanalyste dément

Plusieurs femmes racontent dans une enquête parue dans le magazine Elle ce mercredi avoir subi des agressions sexuelles ou viols de la part de l’ancien chroniqueur télé aujourd’hui âgé de 75 ans, la plupart sous couvert de séances d’hypnose.

Gérard Miller, qui s’est déjà défendu dans un tweet au moment de la parution de l’article, donne sa version des faits dans ce communiqué. « En ce qui concerne précisément les femmes qui me mettent en cause, si quelque chose leur a déplu lorsqu’elles étaient avec moi, je n’ai aucune hésitation à l’affirmer : rien de ce que j’ai perçu ne m’indiquait qu’elles voulaient mettre un terme à la situation, car sinon à l’instant même j’y aurais mis un terme », assure-t-il.

« Un rapport inégalitaire »

Il reconnaît toutefois « un rapport inégalitaire ». Et s’explique : « Je sais que depuis le début du mouvement #Metoo, des paroles essentielles ont émergé, qui remettent en cause la façon dont les rapports hommes-femmes sont constitués dans notre société, sur la base d’une incontestable domination masculine. »

« Psychanalyste, universitaire, auteur, chroniqueur télé et radio, j’étais de fait un “homme de pouvoir”, et il y avait dès lors une dissymétrie “objective”, dont on peut se dire aujourd’hui qu’elle était purement et simplement rédhibitoire », poursuit-il.

L’une des accusatrices est la journaliste et autrice Muriel Cousin. En 1990, alors qu’elle a 23 ans et Gérard Miller 42 ans, elle accepte d’être son « cobaye » pour un article sur une séance d’hypnose. Mais alors qu’elle s’enfonce dans un état second, elle se réveille brutalement et voit le chroniqueur « passer sa main sur [s]on sexe, par-dessus [s]on pantalon ». Traumatisée, la jeune femme de l’époque n’a pas osé porter plainte.

La question de l’« emprise »

Une autre femme assure qu’il a passé sa main sur son corps progressivement jusqu’à sa poitrine et l’aurait embrassée alors qu’elle était à demi-consciente. L’hypnose comme mode opératoire ? Gérard Miller assure n’avoir jamais pratiqué sa spécialité dans son cabinet, mais seulement dans « un contexte ludique, où n’étaient envisagés que quelques tests élémentaires ».

« Celui ou celle qui acceptait de s’y livrer n’était absolument pas hypnotisé, il restait parfaitement conscient, en totale possession de ses moyens, réfléchissant et parlant normalement », détaille celui qui est d’ailleurs le réalisateur du documentaire sur Benoît Jacquot, dans lequel le cinéaste assume sans le moindre complexe l’aspect transgressif de sa relation passée avec Judith Godrèche quand elle avait 14 ans.

Le psychanalyste s’interroge aussi sur la notion d’« emprise », et estime que « sans être hypnotisée, tout en restant parfaitement conscient, il y a en effet des situations où celle qui ne manifeste d’aucune manière son refus, qui répond même oui aux questions qu’on lui pose pour s’assurer de son acquiescement, se sent dans l’impossibilité d’exprimer librement un désir qui contreviendrait à celui de l’autre ».

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