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Gérard Miller: 41 femmes accusent le psychanalyste de viol ou agression sexuelle

Elles sont 41 à témoigner du même mode opératoire. Un psychanalyste qui fait figure d'autorité, star des plateaux de télévision, qui repère des femmes, surtout des très jeunes femmes, pour les conduire à son domicile et s'adonner à des agressions. À la suite de ses premières révélations la semaine dernière, le magazine Elle publie le témoignage de 41 femmes se disant victimes de Gérard Miller.

Le psychanalyste est au cœur de la tourmente depuis les premières accusations portées par trois femmes l'accusant de viol ou d'agression sexuelle. D'abord trois femmes qui dénoncent des abus à la suite de séances d'hypnose pratiquées au domicile de Gérard Miller, puis dix autres qui évoquent un mode opératoire similaire auprès de Mediapart. L'une d'elles a d'ailleurs réalisé un signalement auprès du parquet de Paris, annonçant son intention de porter plainte.

De très jeunes femmes

Le magazine Elle révèle qu'elle pourrait être rejointe par d'autres femmes se disant victimes de viol, d'agression sexuelle, ou tout du moins d'une tentative. C'est le cas d'une femme de 17 ans à l'époque des faits, en 2001, quand elle rencontre Gérard Miller. Un premier contact par courrier, puis le psychanalyste l'invite à déjeuner puis chez lui. Elle se retrouve allongée, sans trop comprendre comment. Conscient de sa virginité, il lui dit: "je ne serai pas ton premier, mais on peut faire d’autres choses". Il la contraindra, dit-elle, à une fellation.

Les rencontres sont nombreuses en marge des émissions télé auxquelles Gérard Miller participe. Les animateurs et autres chroniqueurs sont conscients que le psychanalyste va souvent parler aux plus jeunes femmes. Souvent, elles se retrouvent à son domicile près de la place de la Nation, souvent elles boivent, ou ont très peu de souvenirs sur la manière dont elles se retrouvent allongées soit sur le tatami installé dans le bureau de Gérard Miller, soit dans un lit.

"Quand je me réveille, je suis allongée dans un lit à l’étage, sur le ventre, en culotte, le pantalon baissé sur mes chevilles", confie une autre victime. "Je ne me souviens pas d’être montée à l’étage, ni de m’être déshabillée. Je n’avais aucune envie de coucher avec lui, et pourtant, je me suis réveillée dans un lit, dans le noir. Il est sur moi, je suis totalement passive, inerte, pendant qu’il me pénètre", souffle une autre femme.

Beaucoup des femmes qui prennent la parole étaient mineures au moment des faits.

"Amalgame"

Gérard Miller a déjà réagi à ces accusations. S'il rejette les accusations concernant l'usage de l'hypnose pour agresser sexuellement ces femmes, il reconnaît devoir s'interroger sur la notion d'"emprise". "Sans être hypnotisée, tout en restant parfaitement conscient, il y a en effet des situations où celle qui ne manifeste d’aucune manière son refus, qui répond même oui aux questions qu’on lui pose pour s’assurer de son acquiescement, se sent dans l'impossibilité d'exprimer librement un désir qui contreviendrait à celui de l'autre", écrit-il.

"Psychanalyste, universitaire, auteur, chroniqueur télé et radio, j’étais de fait un 'homme de pouvoir', et il y avait dès lors une dissymétrie 'objective', dont on peut se dire aujourd’hui qu’elle était purement et simplement rédhibitoire", regrette Gérard Miller, estimant avoir toujours demandé le consentement de ses partenaires.

Concernant les témoignages publiés ce jeudi dans le magazine Elle, il évoque un récit "amalgamant sous les mêmes qualifications infamantes de multiples faits pourtant parfaitement distincts". Il se dit dans l'impossibilité "de répondre à de telles accusations dans des conditions dignes et respectueuses de la parole et des droits de chacune et chacun".

Article original publié sur BFMTV.com